‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 43 sur 362 · XXIV JUILLET. — P. LOUIS MOZZI · texte numérisé non relu

XXIV JUILLET. — P. LOUIS MOZZI

retraite du mois ou de la retraite annuelle. A cette œuvre, il joignit celle de la première communion, celle des orphelins, et le soin de diverses congrégations, la Compagnie de saint Louis et la Compagnie du Cœur de Jésus, réunions de jeunes gens d'élite, où il recrutait ses auxiliaires les plus actifs et les plus zélés. L'invasion des armées françaises vint brusquement arrêter l'essor de ces belles institutions.

Dénoncé par quelques esprits malveillants comme un perturbateur, le P. Mozzi fut arrêté, traduit devant le tribunal de haute police de Milan, et malgré son innocence avérée, condamné h l'exil. Dieu lui destinait une autre mission, celle de la parole. En effet, sans se laisser abattre par l'épreuve, le P. Mozzi commença sur-le-champ cette vie apostolique, où il devait égaler par ses travaux et les fruits de ses prédications les plus illustres ouvriers. Il allait de ville en ville, de bourgade en bourgade, à la manière des anciens missionnaires, à pied et sans chaussures, son bagage sur les épaules, et mendiant son pain ; il couchait sur la dure ou sur une planche, ne faisait qu'un repas par jour, paraissait dans les processions de pénitence, la corde au cou, une couronne d'épines sur la tête, et se flagellait si durement, qu'il lui arriva de tomber évanoui. Le peuple ne pouvait résister à la puissance surnaturelle de ces exemples et de cette charité ; il accourait en foule et les conversions étaient sans nombre.

Cependant le P. Mozzi aspirait toujours au bonheur de reprendre le joug qu'il avait porté dans sa jeunesse. Il rejeta nettement les offres de Paccanari qui l'invitait à entrer dans la Société des Pères de la Foi ; il ne reconnaissait pas dans cette Société, disaitil, la vraie physionomie de la famille de saint Ignace. Il se ren-

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dit à Colorno auprès du P. Pignatelli, y renouvela ses premiers vœux ; et deux ans plus tard, par un privilège bien rare, il fît, au milieu même de ses missions, sa profession solennelle ; puis, les Jésuites ayant été rétablis, en vertu d'un bref apostolique, dans le royaume des Deux-Siciles, il alla se joindre à eux. L'invasion française dispersa bientôt les cent-soixante-dix religieux, italiens, allemands, français, américains, espagnols et portugais, réunis dans la maison du Gesù Vecchio, et ferma les classes du collège, fréquentées déjà par douze cents élèves. Le P. Mozzi se réfugia à Rome, d'où la révolution le chassa encore une fois, et l'obligea de chercher un autre asile.

Il se retira à Milan, mais désormais il ne fît plus que languir. Il partageait son temps entre la prière, l'étude et la visite des malades de l'hôpital, auprès desquels il passait de longues heures chaque jour. Un acte de charité précipita sa fin. Des nuées de sauterelles ravageaient les campagnes, voisines d'Oreno, où il était alors. Les paysans, dans leur vénération pour sa vertu, vinrent le prier de bénir leurs moissons. Le bon vieillard les suivit sous un soleil de feu ; il bénit les campagnes, et Notre-Seigneur récompensant sa foi et celle de ces braves gens, les sauterelles disparurent aussitôt. Mais l'effort avait été trop grand ; le P, Mozzi revint à Oreno se traînant à peine et portant la mort dans son sein. Après trois semaines de souffrances courageusement et joyeusement supportées, le fidèle et vaillant ouvrier, les noms de Jésus et de Marie sur les lèvres, remit son âme entre les mains de son créateur. 11 était dans la soixante-septième année de son âge et la cinquantième depuis sa première entrée au noviciat.

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