XXIV JUILLET. — P. THÉOPHILE DE ANGELIS
Christ, il sollicita la faveur d'être envoyé dans les missions de l'extrême orient. Vainement la faiblesse de sa santé et des infirmités presque continuelles semblaient lui opposer un obstacle insurmontable ; il avait une invincible confiance, appuyée peut-être sur une révélation divine, que ses désirs seraient exaucés. Un jour qu'il vomissait des flots de sang- et paraissait près d'expirer : a Vous me voyez sans forces, dit-il à ceux qui se pressaient autour de lui. Vous seriez bien surpris, si j'allais aux Indes et si vous entendiez dire que j'ai été martyrisé». Et au moment de s'embarquer pour les Iles Mariannes : « Je soupire après ces îles, écrivait-il à un de ses amis ; quel bonheur, si après mille et mille travaux, j'étais pendu pour l'amour de Jésus Christ » !
Le P. de Angelis n'avait passé que vingt-cinq mois parmi les sauvages des Iles Mariannes, joignant de rigoureuses austérités à toutes les fatigues de l'apostolat, lorsqu'un misérable, plein de rage contre le serviteur de Dieu qui l'avait empêché de vendre l'âme et le corps de sa fille, aposta deux jeunes débauchés pour lui donner la mort. Ceux-ci l'ayant surpris seul [dans un canot pendant l'absence du pilote, lui mirent une corde au cou et le pendirent au mât ; comme il n'expirait pas assez vite à leur gré, ils l'assommèrent à coups de bâtons, et jetèrent son cadavre dans les flots. Le P. de Angelis n'était âgé que de trente-trois ans.
Velarde, Hîstoria de la Provincia de Philipinas^ l. 4, c. 19, /?. 817. — Le Gobien, Histoire des Isles Marianes, p. 323 et suiv. — SommervoGEL, Bibliothèque. . . , t. 1, p. 389.
90 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
* Le vingt-quatrième jour de juillet de l'an 1813, mourut à Oreno, près de Milan, le P. Louis Mozzi, que ses contemporains ont surnommé « le père de la jeunesse», « l'apôtre de son temps», et pour tout résumer, ajoute un de ses biographes, « un homme de foi ». Entré au noviciat à l'âge de dix-sept ans, il avait demandé deux grâces h Notre-Seigneur : beaucoup travailler et beaucoup souffrir ; elles lui furent l'une et l'autre libéralement accordées.
A la suppression de la Compagnie, il se retira dans sa famille à Bergame, résolu de vivre en religieux et de se consacrer sans réserve au service de l'Eglise et au bien des âmes. Le jansénisme avait rencontré de zélés partisans en Toscane et en Lombardie. Le P. Mozzi, effrayé des périls que cette hérésie hypocrite faisait courir h la foi, la démasqua dans une suite d'écrits dont plusieurs eurent un grand retentissement et lui valurent les plus hautes approbations. Un autre champ s'ouvrit alors à son zèle et à son activité. Un grand nombre d'enfants, par suite de la pauvreté de leurs familles, étaient condamnés à travailler tout le jour dans les ateliers, et demeuraient ainsi livrés à l'ignorance et aux vices qu'elle engendre. Le P. Mozzi établit en leur faveur des écoles gratuites du soir ; ce furent les premières de ce genre créées en Italie. Trois cents élèves se pressèrent bientôt autour des maîtres, ouvriers comme eux, qui leur apprenaient à lire, à compter et à prier. Dans sa sollicitude, le serviteur de Dieu n'oubliait pas plus les délassements que les secours spirituels. Deux maisons, l'une en ville, l'autre à la campagne, servaient tour à tour à ses protégés, et de lieu de récréation où ils trouvaient les différents jeux de leur âge, et de cénacle où ils se ranimaient dans les exercices de la