II JUILLET. — P. PHILIPPE POGGI
ciel. Jcsu, pars. G» , lib. 1, n. 34,/?. 21. — Patrigna.ni, Menol. 2 luglio, p. 0. — NvDASi, Ann. dier. memor. , 2* jul., p. 4. — Drews, Fasti Societ. Jes., 2^ juL, p. 2.52. — Sotuellus, Biblioth., p. 114. — Schinosi, Jstor. délia Pronnc. di Napoli, t. 1, p. 168 et suiv., 281 et suiv., 359 et suii>. ; t. 2, p. 325 et suiv. — Santagata, Istoria délia Pronnc. di Napoli, t. 'i, p. 3GG et suiv. ; t. 4, p. 18 et suii'. — Rho, Varix virtutum Historiée, pp. 126, 226, 325, 477, 569, 850.
* Le deuxième jour de juillet de Tan 1689, mourut au collège de Fano le P. Philippe Poggi, d'une illustre famille de Lucques en Toscane, missionnaire également insigne par son zèle et son humilité. Les grâces de son esprit, les saillies d'une humeur vive et enjouée, en avaient fait pendant sa jeunesse l'ornement et le charme des sociétés. Mais la mort d'une femme de qualité, arrachée dans la fleur de ses années à une opulente fortune et à toutes les séductions du monde, lui inspira des pensées plus sérieuses. Une simple servante acheva sa conversion. Il était allé à la campagne rendre visite à un de ses amis. Quand il se présenta, la servante lui répondit que son maître ne recevait personne, parce qu'il était en retraite : « C'est bien aussi, ajouta-t-elle, ce que devraient faire tant de jeunes gens qui ne pensent pas au salut de leur âme ». A cette brusque interpellation, Philippe Poggi tourna bride sans rien dire. Bientôt il sentit ses yeux se troubler, et dut descendre de cheval. Au même instant, une voix retentit au fond de son cœur: «Fais-toi Jésuite ». Elle était si impérieuse, qu'il ne pensa pas à y résister. Cependant quelques jours plus tard, il eut une altercation avec un gentilhomme, et dans la chaleur de la dispute, il fut provoqué en duel. Il feignit d'accepter. Quand on
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fut sur le terrain, relevant son manteau, il fit voir à son adversaire son fourreau vide. Alors d'un ton dégagé : « Mettez-Ià votre épée, lui dit-il ; car pour moi, je vais me battre contre d'autres ennemis; je me fais Jésuite ».
Entré au noviciat à l'âge de vingt-six ans, Philippe Poggi s'étudia, dès le premier jour, à dérober aux yeux de tous, les brillantes qualités qui avaient fait sa gloire dans le monde. Il aspirait au mépris avec plus d'ardeur qu'il n'avait autrefois recherché les vains applaudissements. Mais les riches qualités de son ûme se faisaient jour malgré lui. Après les épreuves ordinaires des études et de la régence, il fut appliqué an ministère de la prédication. Sa parole était vive et entraînante, semée de traits, d'images, de paraboles, adaptés à l'intelligence de la foule, et sous un air de négligence, très étudiée et très préparée. Mais ce qui plus que son éloquence gagnait les cœurs et décidait les conversions, c'étaient ses vertus apostoliques, son humilité, sa mortification, son oubli de lui-même et l'infatigable ardeur qui l'emportait, sans un jour de repos, d'une mission à l'autre, nu-pieds, son bagage sur les épaules, un bourdon à la main.
Son zèle s'étendait à tous. Pour empêcher l'offense de Dieu, il était prêt à tout souffrir. Un seigneur, furieux de voir se fermer devant lui le parloir d'un couvent de religieuses oii le Père venait de donner les Exercices, accourut au collège, la bouche pleine de menaces : « Savez-vous qui je suis ? demanda-t-il au missionnaire. — Non, seigneur ». Alors déclinant son nom et ses qualités : « Vous osez, ajouta-t-il, défendre à des gens de ma condition de traiter avec ces personnes »? — Sans s'émouvoir, le P. Poggi répliqua sur le même ton : « Seigneur, savez-vous qui je suis ? Je