‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 6 sur 362 · II JUILLET. — P. PHILIPPE SCELSA · texte numérisé non relu

II JUILLET. — P. PHILIPPE SCELSA

suis Philippe Poggi, g-entilhommc, et ministre de Jésus-Christ. Sachez que, pour l'amour de mon Maître, je suis prêt à recevoir toutes les bastonnades qu'il vous plaira ». Devant cette fermeté, la colère de l'irascible gentilhomme tomba : il se retira confus. Cependant le P. Poggi dans ses travaux, continués sans trêve ni merci pendant de longues années, avait épuisé ses forces. Il en était venu à un tel état de fatigue, qu'il ne pouvait plus ni lire, ni écrire, ni même célébrer la sainte messe. Il dut se retirer au collège de Fano, plus semblable, dit son historien, à un cadavre qu'à un homme vivant. La veille de sa mort, il écrivit aux Pères qu'il avait plus intimement connus, dans les différents collèges de la Province, pour solliciter avec une touchante humilité le suffrage de leurs prières ; et le lendemain, fête de la Visitation de Notre- Dame, il remit saintement son àme entre les mains de Dieu. Il était dans la soixante-septième année de son âge et la quaranteet-unième depuis son entrée dans la Compagnie.

ToGNiNi, Vila del P. Filippo Poggi ... ^ Lucca, 1708. — Patrignani, MenoL, 2 luglio^ p. 19.

* Le deuxième jour de juillet de l'an 1750, le P. Philippe Scel- SA mourut à Termini, sa patrie. Pendant vingt-cinq ans, il avait parcouru en apôtre les campagnes de la Sicile, et renouvelé les prodiges de zèle des plus illustres missionnaires. Il allait toujours à pied, portant lui-même son menu bagage, et comme le bienheureux Antoine Baldinucci, une image de Marie Immaculée, instrument d'une multitude incro^'able de conversions et de merveil-

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les. La renommée de cet homme de Dieu s'étendait dans toute la Sicile. Sa mort fit éclater d'une manière extraordinaire les sentiments de vénération dont il était l'objet.

Épuisé par des travaux excessifs, le P. Scelsa, sur l'ordre des supérieurs, avait dû se rendre aux bains de Termini ; mais ses forces étaient brisées sans retour ; après avoir langui quelque temps, il expira plein de joie et alla se reposer en Dieu. La triste nouvelle se fut à peine répandue, qu'une multitude immense accourut à notre église, demandant à voir le missionnaire, à toucher ses restes, à se partager ses reliques. Après la messe, célébrée avec une grande solennité, le clergé et les magistrats décidèrent, d'une voix unanime, malgré les protestations du Père Recteur, que le corps du défunt serait porté en procession dans toute la cité. Ce fut une véritable pompe triomphale. Quand on arriva près de la mer, les pêcheurs qui depuis longtemps s'épuisaient en efforts sans rien prendre, prièrent ceux qui portaient le corps de le tourner du côté de leurs barques ; et jetant ensuite à la mer leurs fdets, auxquels ils avaient attaché quelques lambeaux des vêtements du saint homme, ils les retirèrent remplis de poissons. Le P. Scelsa, au moment de son glorieux trépas, était Agé de soixante-trois ans ; il en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.

Lettere annue délia Provinc. di Sicilia (Arc/i. Rom.).

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