XXIX JUILLET
Le vingt-neuvième jour de juillet de l'an 1663, mourut au collège de Palerme le P. Vincent Fassari, parfait modèle des enfants de la Compagnie, par sa science et par sa sainteté. Il était entré au noviciat à l'âge de quatorze ans ; et cinquante ans plus tard, sur son lit de mort, il ne se rappelait pas avoir commis une seule faute vénielle de propos délibéré. Dans tout ce que l'obéissance lui ordonnait d'étudier ou d'enseigner, il semblait atteindre en peu de temps le plus haut degré de perfection. La prière faisait ses délices ; il l'appelait la mère et la nourrice de son âme, et lui donnait avec une sainte avidité toutes les heures que ne demandait pas l'accomplissement de son office. Le jour où il fit sa profession, ne voulant plus se réserver rien à lui-même, il obtint d'ajouter à ses vœux, celui de ne souffrir désormais en son cœur aucune affection volontaire à quelque créature que ce fût, et de ne chercher en tous ses actes que la seule gloire et l'amour de Dieu. Une des pieuses industries du P. Fassari, dont il avoua que Notre-Seigneur lui avait fait retirer d'admirables fruits, et qu'il conseillait dans la suite aux âmes de bonne volonté, fut de consacrer comme trois sanctuaires au fond de son cœur, à Jésus enfant dans les bras de sa mère, à Jésus mourant sur la croix, en- A. I. — T. II. — 14. 105
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fin à Jésus caché sous les voiles eucharistiques. Il soupirait sans cesse après les joies du ciel, et ne se lassait pas de répéter avec le Roi-Prophète : « Quant dilecta tabernacula tua, Domine virtutum. ! concupiscit et déficit anima mea in atria Domini ; que vos tabernacles me sont chers, ô Dieu des vertus I mon âme languit pour eux d'amour, et brûle de s'y reposer près de vous » !
SoTUELLus, Biblioth., p. 781. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 823. — Patrignani, MenoL, 29 luglio, p. 234. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 549 — Mongitore, Biblioth. Sicul., t. 2, p. 281.
* Le vingt-neuvième jour de juillet de l'an 1786, mourut à Bassano, sa patrie, le P. Jean-Baptiste Roberti, de la Province de Venise. Après avoir enseigné la philosophie à Brescia et à Bologne et exercé avec honneur différents emplois dans la Compagnie, il fut chargé de la leçon d'Écriture sainte dans notre église de Bologne. Dix-huit années de suite, c'est-à-dire jusqu'à la suppression de la Compagnie, il continua son enseignement, non seulement à l'entière satisfaction de ses auditeurs, mais encore, « je puis l'attester, dit le P. Caballero, parce que je l'ai souvent suivi, au grand profit de leurs âmes ». Il était toujours prêt à entendre les confessions, à donner les Exercices de saint Ignace, à assister les moribonds, à consoler toutes les souffrances.
A la suppression de la Compagnie, le P. Roberti se retira dans sa famille à Bassano. Il y reprit, à la demande de l'évêque, toutes ses œuvres apostoliques. Les malades prêts à paraître devant Dieu étaient le principal objet de sa sollicitude ; il alla jusqu'à se mé-