‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 51 sur 362 · XXVIII JUILLET · texte numérisé non relu

XXVIII JUILLET

Le vingt-huitième jour de juillet de l'an 1621, mourut dans la maison professe de Naples le F. Coadjuteur Jules d'Amato, modèle dès son enfance, du plus généreux amour delà croix. Toute sa joie semblait être de se martyriser, pour mieux ressembler à Jésus-Christ entre les mains de ses bourreaux. Quand il fut entré dans la Compagnie, à Vàge de dix-sept ans, l'obéissance mit un frein à tant de rigueur. Il se soumit sans mot dire aux ordres du Père Maître. Cinq ans après, les supérieurs, satisfaits de sa docilité, l'autorisèrent à suivre librement l'attrait du Saint-Esprit dans l'usage des plus rudes macérations. A partir de ce moment, il ne consentit plus à passer un seul jour sans quelque souffrance, et il ne se relâcha jamais de cette sévérité, durant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Mais le F. d'Amato donnait encore la préférence aux actes de renoncement intérieur qui crucifient l'âme avec Jésus- Christ. Dieu permit, raconte le P. Santagata, qu'on le donnât pour aide à un Procureur si sensible aux atteintes de l'amour-propre que, dans l'administration des biens temporels, il s'attribuait tous les succès, et rejetait sur son compagnon tous les accidents ; l'humble religieux ne dit jamais un seul mot pour se plaindre ou s'excuser. Dans la charge de sacristain, il garda le même silence,

104 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

lorsqu'un de ses supérieurs lui reprocha d'avoir laissé voler par sa négligence une partie des ornements sacrés, et l'on découvrit toutefois, peu de temps après, qu'il ne remplissait pas encore cet office, lorsque le vol fut commis.

Sa.ntagata, Istoria délia Provinc. di Napoli^ t. k, p. 196.

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