‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 75 sur 362 · IX AOUT. — P. ANGE OLIVETO · texte numérisé non relu

IX AOUT. — P. ANGE OLIVETO

aussi bien que les catholiques l'appelaient à leur lit de mort, et abjuraient entre ses mains leurs erreurs avant de paraître devant Dieu. Tour à tour banni et rappelé, selon les perpétuelles alternatives, de ces guerres à la fois civiles et religieuses, il ne voulut jamais s'éloigner de ce glorieux théâtre de son apostolat. Pour consoler un brave défenseur de la foi, captif dans la citadelle de Fagaras, le P. Ferricelli venait de se diriger vers cette ville, lorsque à moitié chemin il succomba d'épuisement ; car il était depuis longtemps miné par la fatigue, et surtout par son zèle de la maison de Dieu, et sa tristesse de la voir si désolée. Il était Agé de soixante-trois ans et en avait passé quarante dans la Compagnie.

ScHiNosi, Istoria délia Provinc. di Napol., t. 2, p. 213. — Santagata Istoria délia Prov. di NapoL, t. 3, p. 23, 104, 177, 304.

* Vers le milieu de l'année 1656, on ignore quel mois et quel jour, le P. Ange Oliveto couronna par un acte de charité une vie consacrée tout entière à l'exercice de la charité. Il s'était attaché d'une manière spéciale au ministère des hommes. Les plus insignes pécheurs dans les prisons ou les bagnes étaient l'objet de ses préférences ; il en ramena à Dieu un très grand nombre. Nombreux furent aussi les jeunes gens qui laissèrent le monde, à sa persuasion, et embrassèrent la vie parfaite. Il avait un don particulier pour faire refleurir l'union dans les familles et tranquilliser les consciences. Aussi son confessionnal était-il sans cesse

assiégé ; il se donnait à tous dès le grand matin avec une patience, une douceur que rien n'altérait ni ne lassait.

Son zèle grandit encore pendant la terrible peste de Naples en 16b(). Loin de déserter son poste, il jugea que c'était le moment de donner sa vie, à l'exemple du Sauveur, pour le salut de ses frères. Atteint par le fléau dans l'exercice de son ministère, il n'en continua pas moins, avec un courage héroïque, à recevoir tous ceux qui se présentaient à lui. Il savait, par une révélation de Dieu, le moment précis où il quitterait ce monde. Son dernier jour arrivé, le P. Oliveto célébra le saint sacrifice, se nourrit comme en viatique du Corps et du Sang de Notre-Seigneur, et alla s'asseoir encore une fois au tribunal de la pénitence ; puis sa tâche achevée, et l'heure du suprême appel étant proche, il se retira dans sa chambre, et remit presque aussitôt à Dieu son âme intrépide. Il avait soixante-dix ans et en avait passé trente-cinq dans la Compagnie.

Alegambe, Heroes et Victiinx charit., anno 1656, p. 525. — Patri- GNA.Ni, Menol., 18 agosto, p. 126.

Page 1