‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 79 sur 362 · XI AOUT · texte numérisé non relu

XI AOUT

Le onzième jour d'août de l'an IS86, mourut dans la maison professe de Naples, où il faisait alors son séjour, en qualité de Provincial, le P. Benoit Sardo, né à Lentini en Sicile, entré au noviciat de Messine avec son père et trois de ses frères, et vénéré par les Nôtres non moins que par les étrangers, comme un insigne maître et un modèle de sainteté. Sa vie intérieure, toute cachée en Dieu avec Jésus-Christ, était la source de ce profond respect et de cette charité délicate qu'il témoignait avec une égale humilité aux plus petits et aux plus pauvres, comme aux plus nobles et aux plus puissants, voyant, vénérant, et servant en tous, la personne de son Seigneur. Aussi ne s'oubliait-il jamais à blesser le cœur de dersonne par un signe ou par une parole échappée à l'amourpropre, et l'on assure, qu'en reconnaissance, nul ne pouvait rien lui refuser de ce qu'il désirait ou demandait pour le service de Dieu.

ScHiNOsi, Istor. délia Prov. di Nap., t. 2, p. 47 et siiiv. — Aguilera., Hist. Prov. Sicul., t. l, p. 264. — Sacchinus, ///s^or. Soc. Jes., part, b^ , l. 6, n. 14, p. 279, — Alberti, Istor. delta Provinc. di Sicil., p. 587.

XI AOUT — p. ALBERT SCAFILI. 461

Le onzième jour d'août, « au collège de Païenne, lisons-nous dans un de nos anciens Ménologes, on fait une très honorable mémoire de la précieuse mort du P. Vite-Albert Scafili. Ce Père mourut l'an 1704. Il fut d'une rare perfection. Pour y parvenir, il observa toutes nos règles, et même les plus petites, avec une fidélité inviolable. De plus, aux vœux ordinaires de la Compagnie, il en ajouta trois autres, fort difficiles à garder : le premier, de chercher toujours la plus grande gloire de Dieu, non seulement dans ses actions, mais encore, ce qui est plus digne d'admiration, dans ses paroles ; le second, de ne jamais s'excuser ; le troisième enfin, de faire du bien à ceux qui fauraient accusé de quelque faute, quand même il n'en serait point coupable. Il se montra si religieux observateur de ces vœux, qu'on ne le trouva jamais disant une parole inutile.

« Par son assiduité à la prière, il s'éleva à un degré sublime d'oraison ; souvent ravi en extase, il apprit plusieurs choses qui concernaient le gouvernement des âmes pour la conduite desquelles la Providence l'avait spécialement choisi. Les manières extraordinaires dont il affligea son corps, l'aidèrent à conserver son innocence. Plein de tendresse pour les autres et surtout pour ses inférieurs et pour les pauvres, il ne fut ennemi que de lui-même. Quoique enrichi de tant de faveurs célestes, et honoré comme un saint de tous ceux qui le connaissaient, il était si vil à ses propres yeux, qu'il s'appelait le plus méchant des hommes. Sa patience était admirable ; on ne la connut dans toute son étendue qu'après sa mort, lorsqu'on découvrit sur son corps un ulcère qu'il

avait porté longtemps sans en rien dire, et sans laisser échapper les moindres marques de douleur ».

Ménologe [ms.) de la Compagnie de Jésus, Paris, ilVl. —Guidée, Ménologe, 10 août, p. 251. — Menologium Sanctorum et Viror. illustr., Soc. Jes., Tyrnaviœ, 1730, 11» aug. : « Elogium Patris Viti-Âlberti Scafili, coiicessum pro tota Societate ». — Menologio Romano, 11 agosto, p. 97.

* Le onzième jour d'août de l'an 1820, mourut dans une heureuse vieillesse au noviciat de Saint-André à Rome, le P. Louis Panizzoni, de Vicence, religieux d'une rare perfection et d'une simplicité et candeur d'àme admirable. En entrant dans la Compagnie à l'âge de seize ans, il y porta toute l'innocence de son baptême . Il enseignait les mathématiques au collège de Prato lorsque parut le Bref de suppression . 11 dut alors se retirer. Nombre d'élèves commencèrent aussi à déserter les classes. Pour conjurer une ruine complète, le grand-duc de Toscane l'invita à reprendre sa chaire, et la prospérité revint avec lui. Mais le fils de saint Ignace ne pouvait oublier la Compagnie qu'il avait aimée comme sa mère ; sachant qu'elle était demeurée vivante en Russie, il s'empressa d'aller se remettre sous ses lois bénies. Il remplit plusieurs années la charge d'Instructeur des Pères de troisième probation. En 1793, le duc Ferdinand de Parme ayant offert ses états au Père Vicaire Général, le P. Panizzoni fut envoyé auprès de lui, et peu de temps après fut nommé Vice-provincial. De Parme, il passa dans le royaume de Naples, où la Compagnie avait été ca-

Page 1