‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 81 sur 362 · XII AOUT · texte numérisé non relu

XII AOUT

Le douzième jour d'aoïît de l'an 1584, mourut au collège de Messine, le F. Goadjuteur Jean-Baptiste Fiasco, saint vieillard qui ne soupirait qu'après la vue de Dieu, et fut suivi, peu de temps après, par un de ses plus jeunes mais de ses plus fervents compagnons, le F. Vincent Saccano, Scolastique, âgé seulement de vingt-trois ans.

Jean-Baptiste Fiasco avait longtemps vécu au milieu du monde, engagé dans les liens du mariage. Rien n'était plus salutaire que de l'entendre parler par expérience de la vanité et du vide des joies que le temps emporte. Sa seule consolation ici-bas consistait dans les douleurs qui le rapprochaient du ciel. Quand les médecins lui eurent annoncé sa mort prochaine, son visage s'illumina d'une si douce et si vive allégresse, qu'il semblait déjà par avance goûter la félicité du paradis.

Vincent Saccano avait été reçu au noviciat en qualité d'indifférent, malgré la noblesse de sa famille, et la délicate complexion de son corps et de son âme, également impropres l'un et l'autre à l'humble et pénible vie de nos Frères. Il s'y exerçait néanmoins avec une ferveur admirable, lorsque ses supérieurs lui ordonnèrent d'aller étudier la philosophie parmi les Scolastiques du Collège Ro-

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