XIII AOUT
Le treizième jour d'août de l'an 1657, mourut à Parme en odeur de sainteté le P. François Raulini, retenu jusqu'au dernier moment de sa vie, par l'obéissance, dans l'enseignement des lettres humaines, de la philosophie et de la théologie. Après s'être fidèlement acquitté de tous les devoirs de son office, ce qui fut toujours à ses yeux la plus excellente de toutes les vertus, son zèle de la gloire de Dieu lui faisait trouver encore le temps et les forces de se dépenser plus directement à la sanctification de la jeunesse. Pour ne rien laisser au hasard ni au caprice, il mettait chaque matin par écrit tout ce qu'il croyait pouvoir entreprendre ce jour-là pour Notre-Seigneur. Ce fut ainsi qu'il établit à Parme trois belles congrégations de la sainte Vierge, dont les fruits dépassèrent en peu de temps toutes ses espérances. Dans la première, il réunissait les petits enfants vagabonds, et leur gagnant le cœur par sa charité, il les instruisait de la foi et des pratiques de la vie chrétienne, dont ils devenaient ensuite les apô-
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très au milieu de leurs familles. La seconde se composait de jeunes gens dans la fleur de l'ag-e, tous fils d'artisans ou de marchands, auxquels il enseignait le grand art de consacrer k Dieu tous les détails de leurs travaux ou de leur commerce. Enfin parmi les écoliers du collège, il entreprit de réunir à part ceux (|ui voudraient, non seulement se déclarer les enfants de la sainte Vierge, mais s'adonner plus particulièrement en son honneur aux exercices de la perfection évangélique. Cette dernière congrégation devint rapidement, entre ses mains, comme la pépinière et le noviciat des Ordres religieux et du sacerdoce. A sa mort, ses congréganistes voulurent posséder du moins sa statue, et la dressèrent à la place qu'il avait si longtemps occupée dans cette pieuse chapelle, pour ne jamais perdre le souvenir de son esprit et de ses vertus.
Le P. François Raulini n'avait encore que quarante-six ans lorsqu'il alla recevoir sa récompense. Nous lisons dans une lettre adressée de Parme au Père Général Goswin Nickel, d'admirables détails sur son entrée dans la gloire des bienheureux. Au moment où il expirait, une très sainte àme vit Notre-Seigneur, accompagné de sa divine Mère et de saint Ignace, venir au-devant du P. Fran-. çois rayonnant de gloire, et le recevoir avec amour dans la plaie, sacrée de son Cœur, source de toute bonté et de toute beauté. Puis .lésus se tournant vers notre Bienheureux Père : « Ignace, lui «lit-il, jouis du fruit de tes travaux et des miens ; voici cette âme qui m'a glorifié dans son corps ; voici cette tête qui tant de fois . a partagé ma couronne d'épines et qui maintenant est couronnée, de lis ». Or ceux qui connaissaient le serviteur de Dieu, jugèrent que ces dernières paroles du Sauveur devaient s'appliquer à toutes
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les fatigues de tête endurées par le P. François Raulini pour faire mieux servir et aimer Dieu.
Nadasi, Annus dier. metnorab., 13» aug., p. 101. — Drews, Fasti Soc. Jes., 13» aug., p. 310. — Patrignani, MenoL, 13 agosto, p. 108.
* Le treizième jour d'août de l'an 1594, mourut à Rome le P. Vincent Bruno, né à Rimini. Il avait d'abord exercé la profession de médecin ; puis, pressé par le désir de se donner à Dieu, il avait fait le vœu de revêtir l'habit des Franciscains de l'Observance ; mais quand il connut la Compagnie, qui était alors dans sa première ferveur, il se sentit invinciblement attiré vers elle ; il se fît relever de son vœu, et fut admis au noviciat. Toutes les vertus, remarque le P. Jouvancy, brillèrent dans le P. Bruno, et l'on aurait peine à dire, ajoute-t-il, quelles furent celles dans lesquelles il excella, davantage. Il en est deux cependant qui semblent lui avoir été chères entre toutes : une parfaite et inaltérable égalité d'Ame, malgré les saillies d'un caractère de feu ; et une charité très tendre pour ses inférieurs, surtout pour les malades et pour leurs infirmiers. Il était si assidu auprès d'eux, qu'il paraissait avoir lait de l'infirmerie sa propre chambre.
Formé à l'école des premiers Pères, le P. Bruno, avec une diligence filiale, avait consigné par écrit les actes de vertu dont il avait été témoin, afin que la postérité suivît fidèlement ces glorieux exemples. Il a laissé un beau monument de sa piété dans ses Méditations sur les principaux mystères de la vie de Notre-Sei-