XIV AOUT
Le quatorzième jour d'août de l'an 1618, mourut dans la maison professe de Naples, après soixante-deux ans de vie religieuse, le P. Jules Mancinelli, l'un des derniers novices reçus du vivant de saint Ignace, et des plus parfaits héritiers de son double esprit de zèle et de sainteté. Né dans la petite ville de Macerata, il apporta dans !a Compagnie, à l'âge de dix-neuf ans, une de ces âmes de feu, si propres aux plus grandes choses lorsqu'elles se donnent à Dieu sans réserve. Bientôt, et avant même qu'il fût élevé au sacerdoce, le Bienheureux P. Ganisius le regardait comme un maître de la vie intérieure, et lui arrachait, à force d'importunité, quelques avis sur la manière d'entretenir une plus étroite union de cœur avec Jésus-Christ durant ses voyages ; saint François de Borgia le choisissait, avant l'âge de trente ans, pour gouverner et former sous ses yeux les novices réunis à Rome de toutes les parties du monde.
Mais Jules Mancinelli n'aspirait qu'à travailler au salut des âmes au milieu des sectateurs de Mahomet ; Notre-Seigneur, fléchi par vingt ans de prières, de sang et de larmes, lui promit enfin d'exaucer ses vœux. Après avoir préludé à la vie et aux ministères des apôtres, parmi le bas peuple de Rome et dans quelques