‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 120 sur 331 · VIII MARS. — P. OCTAVK GAETANO · texte numérisé non relu

VIII MARS. — P. OCTAVK GAETANO

saint Ignace. Notre Bienheureux Père le déroba trois fois au poignard, et le défendit au moins deux autres fois contre des attaques inouïes de l'enfer et de ses suppôts.

Ce saint religieux était en même temps un supérieur admirable et un écrivain de premier mérite. A trente-et-un ans, il était nommé par le P. Claude Aquaviva Recteur du collège de Messine, et telle fut la sagesse de son gouvernement que la maison professe de Palerme, accablée de dettes et menacée d'une ruine prochaine, le demanda à son tour pour supérieur, comme le seul homme capable de la sauver. Il lui trouva en quatre mois plus de dix mille écus d'aumônes, et la tira de détresse en moins de deux ans. Depuis longtemps, le P. Gaetano travaillait à relever le culte des saints et saintes de la Sicile. Il allait comme Rosweyde et Bollandus, fouillant les archives des vieux monastères, et transcrivant les actes qu'il y découvrait, avec une pieuse sollicitude. Quatre ans avant sa sainte mort, durant une maladie cruelle, où déjà les médecins le regardaient comme perdu, une glorieuse troupe de bienheureux, raconte le P. Nadasi, lui obtint la prolongation de vie nécessaire pour achever son oeuvre, et lui en fit connaître la durée. Ce terme écoulé il expira en odeur de bénédiction, à l'Age de cinquante-quatre ans.

Patrignam, Menol. y 8 marzo, p. 5G. — N.vdasi, Aiin. dier. inemor., 8a mart., p. 129. — Drews, Fasti Societ.^ 8* inart., p. 90. — Aguile- RA, Histor. Provinc. SicuL, t.. 2, p. 114. — Sotuellls, Bibliotk., p. 639. — SoMMERvoGEL, BibUotli., t. 3, p. 1086. — NiEREMBERG, Vatoiies ilustr., t. 3, p. 669. — MoNGiTORE, Biblioth. SicuL, t. 2, p. 111.

306 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

* Le huitième jour de mars de l'an 1602, à Naples, mourut l'angélique F. François Sasso, Scolastique, auquel il convient de joindre le nom de Jean-Louis Sasso, son père, mort lui aussi sous les livrées de saint Ignace, quelques semaines auparavant. Le jeune François, attiré de bonne heure à la vie religieuse, n'avait pas obtenu sans peine le consentement paternel ; il était le seul héritier de la famille, et de belles espérances reposaient sur lui. Enfin le noble chrétien, puisant des forces dans sa foi, avait triomphé de sa douleur, et conduit lui-même son fils au noviciat. La grâce de la vocation fut la récompense de ce généreux sacrifice. Louis Sasso était libre depuis la mort de sa femme ; mais son âge de cinquante-neuf ans semblait un obstacle insurmontable à son admission. 11 eut recours à l'intercession du cardinal Lucien Sasso, son frère ; sur les instances de ce prince de l'Eglise, le P. Aquaviva consentit à lui ouvrir les portes du noviciat. En les franchissant, remarque l'historien de la Province de Naples, la modestie, l'humilité, la ferveur de son fils, que l'on appelait un autre Louis de Gonzague, le ravirent de joie ; il fut plus heureux mille fois de le retrouver ainsi, que s'il l'avait laissé dans le monde à la tête de la plus brillante fortune.

Ordonné prêtre quelque temps après son noviciat, Louis Sasso fut chargé de l'administration temporelle des biens du collège de Naples. Par sa prudence, son activité, son intelligence et son habitude des affaires, il y fit régner l'ordre et la prospérité, en même temps que par son esprit de foi, son union à Dieu, sa fidélité à toutes les observances de la vie religieuse, il répandait autour de lui le plus doux parfum d'édification. Le collège ayant

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fait l'acquisition d'une terre dans la Pouille, le P. Sasso y fut envoyé pour en prendre possession. Il y mourut au bout de six mois, en si haute réputation de bonté et de vertu, que les gens du pays firent enfermer ses restes dans un cercueil de bois spécial, et qu'il fallut user d'une sorte de violence pour leur enlever ce précieux dépôt et le transporter à Naples.

Cependant le F. François, son fils, après avoir prononcé ses vœux de religion, était tombé dans une maladie de langueur dont nul remède ne put arrêter la marche progressive. Durant cette lente épreuve qui ne dura pas moins de quatre ans entiers, la vertu du jeune Scolastique, loin de subir aucun détriment, ne fil que se fortifier et l'esplendir d'un éclat chaque jour plus vif. Le visage toujours souriant, reflet du calme et de la joie de son âme, il ne savait que bénir Dieu, Notre-Seigneur et sa sainte Mère, et soupirer après le jour où il irait les contempler dans le ciel. Il n'avait que vingt ans quand ses liens furent enfin brisés ; et il en avait passé six dans la Compagnie.

Sa.ntag\ta, Istoria délia Pr ovine, di Napoli, t. 3, p. 70 et siiw.

* Le huitième jour de mars de l'an 1754, mourut le P. Camillk Pacetti, l'apôtre de Pérouse. Il passa les dernières années de sa vie dans cette ville, en telle estime et réputation de vertu que les supérieurs, remarque l'auteur de son éloge, n'auraient pu l'en retirer, sans provoquer peut-être quelque sédition populaire. Il était l'homme de toutes les œuvres et de toutes les classes de la socié-

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té ; mais son zèle et son humilité le portaient surtout vers les pauvres et les petits, les soldats, les prisonniers, les malades, les condamnés à mort. On le trouvait sans cesse dans les corps de garde, les prisons, les hôpitaux, instruisant, consolant, préparant ceux qui allaient mourir à paraître devant Dieu, ne s'épargnant ni de jour ni de nuit. Une de ses institutions les plus utiles fut sa belle congrégation des artisans, qui vit bientôt multiplier d'une manière incroyable le nombre de ses membres, et répandit dans les classes populaires les principes et les habitudes de la vie chrétienne. Pour étendre encore et surtout pour rendre plus durables les fruits de salut, le P. Pacetti, aidé des seules ressources de sa confiance en Dieu, fit construire en dehors de la ville et en un site agréable, une maison de retraite qui fut assiégée dès le premier jour par une multitude d'hommes avides de se retremper dans la prière et le recueillement.

Au zèle pour la gloire de Dieu, le P. Pacetti joignait toutes les vertus qui font l'homme apostolique et attirent les bénédictions du ciel sur ses travaux : une obéissance entière qui l'assujettissait jusque dans les moindres détails à la volonté des supérieurs, une pauvreté sévère, ennemie de toute superfluité et de toute délicatesse ; un empire absolu sur lui-même et sur toutes les saillies d'une nature impétueuse et ardente ; enfin un amour de la prière qui lui faisait donner à Dieu tous les moments dont il pouvait disposer. « 11 trouvait Ih son repos, dit son biographe, et ses plus doux loisirs, ses consolations et l'allégement à ses durs labeurs ».

La vénération et l'amour dont le P. Pacetti était l'objet parurent avec un éclat véritablement extraordinaire et dont on trouve peu d'exemples, dans sa dernière maladie et dans sa mort. A pei-

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