VIII MARS
Le huitième jour de mars de l'an 1620, mourut à Palerme le P. Octave Gaetano, non moins célèbre par ses vertus que par ses travaux littéraires et les faveurs miraculeuses qu'il reçut tour à tour de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, de saint Ignace et des saints et saintes de la Sicile dont il écrivait la vie. A seize ans, priant un jour devant une image de Jésus crucifié, il lui parut voir tout à coup la tête du Sauveur se couronner d'une lumière céleste ; il résolut sur l'heure de le suivre jusqu'aux ignominies et aux douleurs de la croix. Il apporta dans la religion l'innocence de son baptême; cette grâce dont il ne cessait de remercier Notre-Seigneur, inondait son cœur d'une si douce joie, qu'au milieu des périls de mort les plus imprévus, il ne perdait rien de son inaltérable sérénité. Dès son noviciat, la lutte continuelle contre toutes les inclinations de la nature faisait ses délices, aussi bien que la mortification corporelle et la prière. Durant nombre d'années, à moins de maladie grave, jamais il ne fit usage de lit; à l'approche des fêtes de Notre-Dame ou des mystères de la Passion, il ne mettait pour ainsi dire plus de bornes à ses austérités.
Mais ce fut surtout par son amour pratique des constitutions et des règles, que le P. (laetano mérita l'amour et les faveurs de