XI MARS. P. PIERRE DEGLI ALBIZI
en Dieu seul la force et la lumière dont il avait besoin, pour résister aux attaques de ses proches. Cinq fois au moins chaque jour, il le voyait se mettre en oraison, à genoux et sans appui, au milieu de sa chambre. Quant aux livres frivoles laissés à sa disposition pour le distraire, pas un n'était ouvert. Ce spectacle toucha profondément Albizi, et ne tarda guère à lui arracher, dit son biographe, les belles paroles de saint Augustin : « Voilà que des enfants à peine sortis de l'école nous enseignent à ravir le ciel, et préfèrent la croix de Jésus-Christ aux caresses de leur mère ; tandis que nous laissant aveugler à l'amour du monde, nous irons, sans conseils et sans guide, aboutir à notre ruine » ! Dès ce moment, Albizi fut auprès du nonce le plus ardent intercesseur de Recupito ; non content de le reconduire, peu de jours après, au noviciat, il voulut faire pendant un mois les Exercices de saint Ignace sous la conduite du Maître des novices, le P. Nicolas Orlandini ; puis, d'après les conseils de cet homme de Dieu, il prit une année pour régler ses affaires et recevoir le sacerdoce ; et libre enfin de toutes les chaînes du monde, il devint en 1595, compagnon de celui qui, sans le savoir, l'avait, par la vertu de ses exemples, gagné à Jésus-Christ.
A cette nouvelle école, le P. Albizi parut bientôt un homme tout nouveau. Il ne lui restait plus rien du monde, pas même le souvenir de ce qu'il avait été, ni de ses plus chers amis. Un d'entre eux cependant, Jean François Orefici, évêque d'Acerno, ne put souffrir un pareil oubli. A force de {)rières, il obtint que son ancien ami reçût l'ordre de le voir et de l'entretenir, bien que novice, au moins deux fois par semaine ; le fruit de leurs entretiens fut si admirable, que renonçant à sa charge, Orefici devint à
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son tour le plus fidèle imitateur de la vie d'oraison et de pénitence du P. degli Albizi. Celui-ci survécut environ quinze ans à son entrée dans la Compagnie. Chargé d'inspirer à la jeunesse l'amour de toutes les vertus, et de diriger les deux belles congrégations des esclaves et des artisans de Naples, il en fit une véritable école de sainteté. Plus de trois cents jeunes gens, au rapport du P. Nadasi, lui durent leur vocation à la vie religieuse. La dévotion aux anges et aux saints, mais en particulier à la Reine du ciel et à la très sainte Humanité du Sauveur, était entre ses mains comme une arme toute-puissante, pour convertir les âmes et les mener à une haute perfection. On assure que jamais il ne demanda rien à la sainte Vierge sans l'obtenir. Il était si embrasé de l'amour de Dieu, que le pieux évêque d'Acerno déposa l'avoir vu souvent à l'autel, élevé de terre, en extase, recevant de Notre-Seigneur les plus intimes communications.
JuvENCius, Histor. Soc, lib. 25, n. 51, p. 905. — Lilter. ann. Soc, ann. 1610, p. 29. — Patbignani, Menol. , 11 marzo, p. 73. — Nada.si, Ann. dier. memor., Ha mart., p. 133. — Drews, Fasti Soc, Ha mart., p. 95. — ScHiNosi, Istor. délia Prou, di NapoL, /. 2, p. 267-274. — Santagata, Jstor. délia Prou, di NapoL, t. 3, p. 375. — Barone, Vita del P. de Gatti, p. 104, 145. — Bartoli, Vita del P. Caraf'a, n, 49.