XVIII MARS. — P. MARIO PERREMUTO. T.SO
fait sienne la maxime de saint Jean Berchmans, et il la répétait souvent : Maxinxa mea pœiiitentia vita commiinis. Mort aux recherches de l'amour-propre, il traitait son corps sans ménagement, multipliait ses jeûnes, faisait à pied la visite de sa Province, même dans la saison rigoureuse, et se refusait tout adoucissement.
Quand parut le décret d'expulsion porté contre les Jésuites de Sicile, en 1767, le P. Perremuto, déjà presque octogénaire, voulait prendre avec ses frères la route de l'exil : les instances de ses amis et surtout celles du P. Provincial lui persuadèrent de rester. Il reçut l'hospitalité chez les Pères Théatins ; mais au bout de deux ans, il fut arraché de force de cette retraite, et enfermé dans une cellule du couvent des religieux Conventuels, sans pouvoir dire la sainte messe, ni même l'entendre. Le P. Perremuto se livra tout entier à la prière; il y consacrait la plus grande partie de la journée. Témoin de son calme et de sa résignation, le soldat qui le gardait se convertit, et publia partout que le prisonnier était un saint : une guérison subite opérée au contact des vêtements de l'homme de Dieu, accrut la vénération populaire, et tout Palerme retentit du bruit de son nom. Cependant le gouvernement, qui avait toléré jusque là sa présence, se ravisa tout à coup, et ordre lui fut intimé, sans égard pour son grand Age, de sortir de l'île et de toutes les terres appartenant à la couronne. C'était le prélude d'une épreuve bien autrement pénible. Le Bref de Clément XIV le surprit à Viterbe, et le remplit d'une douleur inconsolable. Reprenant alors son bâton de pèlerin, le P. Perremuto se dirigea vers Rome, après un court arrêt à Corneto, et se réfugia dans la maison du Gesù, où il eut au moins la consolation de vivre avec quelques prêtres, anciens membres comme lui de la Compagnie.
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Il y demeura six années dans l'exercice de toutes les vertus, uniquement occupé de Dieu. Toujours fidèle à la pauvreté, il abandonnait à un de ses compagnons tout ce qu'il recevait soit de sa famille, soit de l'état, à titre de pension ; et quand il s'éteignit enfin, plein de jours et de mérites, à l'Age de quatre-vingt-onze ans, on ne trouva dans sa cellule d'autre trésor qu'un catalogue de sa Province, et une neuvaine en l'honneur de saint Ignace, touchant témoignage de l'amour du P. Perremuto pour la pauvreté et la Compagnie.
Ex Relatione Ms. P. Marii Colica latine conscripta ( Arc/iiv. Rom. ).