XVIII MARS
Le dix-liuitième jour de mars de l'an 1644, mourut à Massa di Sorrento, dans une douloureuse et sainte vieillesse, le P. Pierre-Anello Persico, apôtre très zélé de la Province de Naples, jusque vers l'âge de quatre-vingts ans. Il parcourait presque sans repos les villes et les campagnes du royaume, toujours à pied, sans viatique, mendiant un abri et un peu de pain. Telle était la force de sa parole, que lorsqu'il excitait le peuple à la pénitence, les plus grands pécheurs commençaient souvent à haute voix et en pleurant la confession publique de leurs crimes. Pour assurer et conserver le fruit de ses missions, il avait grand soin d'organiser, avant son départ, des congrégations dt^ la sainte Vierge, dont les membres devaient être après lui, les apôtres de leurs amis et de leurs familles. Parmi les monuments de son zèle, l'histoire de la Compagnie cite en particulier la fondation dans la ville de Naples d'une fervente communauté de vierges, sous le nom et l'invocation de la Sainte Trinité.
Le zèle dont le P. Persico était consumé pour la sanctification des amcs, lui lit aussi trouver le loisir de composer deux beaux ouvrages, pleins de science théologique et d'esprit de Dieu, sur les A. I. — T. I. — 43. 337
338 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
principaux devoirs des prêtres, l'offrande du saint sacrifice et la récitation de l'office divin. Ce furent à peu près ses derniers travaux. Épuisé de forces, couvert d'ulcères et de plaies, il dut enfin renoncer à toute occupation extérieure, pour ne plus faire autre chose que prier et souffrir ; et dans ce saint exercice, il consomma sur la croix, en union avec le Sauveur, ses travaux apostoliques, si riches en fruits de salut. Il était depuis cinquante-sept ans dans la Compagnie.
SoTUELLUs, Bibliotli.^ p. 657. — de Backer, Biblioth., l" édit., t. 3, p. 581.
* Dans le courant du mois de mars de l'an 1781, mourut à Rome le P. Mario Perremuto, de la Province de Sicile, également remarquable et par les vertus religieuses, qu'il posséda, dit son biographe, « en un très haut degré », et par ses éminentes qualités de gouvernement. Tour à tour Maître des novices, Instructeur des Pères du troisième an. Provincial, et dans sa vieillesse Père spirituel du grand collège de Païenne, dont il avait été précédemment Recteur, il fit éclater dans ces différents emplois une prudence et une charité admirables ; en même temps, par la douce et forte autorité de son exemple, il animait ceux qui lui étaient confiés à se montrer de dignes enfants de la Compagnie. Homme d'oraison, il aimait à passer au pied du saint Sacrement les heures dont il pouvait disposer ; les témoins de sa vie assurent qu'il ne manqua jamais, de propos délibéré, à une seule règle ; il avait