‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 146 sur 331 · XXIII MARS. — F. NICOLAS PELUSIO. 3S · texte numérisé non relu

XXIII MARS. — F. NICOLAS PELUSIO. 3S

mi les pauvres populations de l'île de Chio, dont il lui fallut apprendre péniblement à balbutier la langue. Mais « Dieu soit béni, disait-il à toute nouvelle du même genre, Dieu soit béni, de m'aider si facilement à ne m'attacher qu'à lui seul » ! 11 mourut à l'âge de soixante-quatorze ans ; il en avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 505.

* Le vingt-troisième jour de mars de l'an 1730, le F. Nicolas Pelusio, Coadjuteur temporel, s'éteignit plein de jours et de mérites dans la maison professe de Naples, qu'il avait remplie du parfum de ses vertus l'espace de près de soixante ans. L'auteur de son éloge vante surtout son amour du travail, son obéissance et sa charité pour les pauvres. Chargé seul de la cuisine pendant de longues années, il ne demanda jamais à être relevé de son emploi, et il fallut, pour qu'il consentît à le quitter, que ses bras engourdis par l'âge et la fatigue, se refusassent à seconder son courage. Saint François de Geronimo, qui vivait dans la même maison, lui avait appris à faire des fleurs artificielles. Le F. Pelusio trouva dans cette occupation une ressource précieuse pour satisfaire à la fois sa piété et sa charité. Après avoir orné les autels et payé ce tribut de sa tendre dévotion à Notre-Seigneur, à Notre- Dame et aux saints, il vendait les fleurs qui lui restaient et, de l'agrément des supérieurs, il en consacrait le prix aux pauvres.

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Il nourrissait chaque jour un nombre considérable de ces malheureux à la porte du collège ; et l'on est étonné des grandes aumônes qu'il leur distribuait, sans autre ressource que son travail et surtout son inébranlable confiance en la divine Providence. Rien ne l'arrêtait dès qu'il s'agissait de leur venir en aide, ni la fatigue, ni les rebuts, ni même les railleries et les insultes grossières de ceux (jui malheureusement n'étaient i)as animés des mêmes pensées de foi.

L'obéissance était une autre do ses vertus. Il en avait profondément médité et compris la divine excellence. A la lettre, il voyait la personne de Dieu dans les supérieurs, et dans l'ordre des supérieurs, l'ordre même de Dieu. Aussi ne considérait-il jamais si ce qu'on lui commandait était facile ou non, agréable ou non ; il lui suffisait ([ue ce fût commandé. Cette pensée lui donnait, même dans la plus extrême vieillesse, une force et une énergie incroyables pour accomplir tous les ordres de ses supérieurs, et se prêter à leurs plus légers désirs. Sa dernière maladie fit éclater sa patience et toute la délicatesse de sa charité; il refusa constamment qu'on le veillât pendant la nuit, et comme un Père voulait absolument rester auprès de lui, parce qu'il le croyait proche de sa fin : « Non, mon Père, dit-il ; allez reposer ; je ne mourrai pas encore cette nuit ». Il vécut en effet jusqu'au lendemain, et rendit son àme à Dieu au milieu des transports d'une sainte joie, dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge et la soixante-quatrième depuis son entrée dans la Compagnie.

Sumrnar. Vit.v (Arc/nv. Rom.).

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