‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 151 sur 331 · XXV MARS. P. ANTOINE CAPECE · texte numérisé non relu

XXV MARS. P. ANTOINE CAPECE

et pauvreté merveilleuse. Ce fut sous une si bonne et si sainte maîtresse, que cet enfant de bénédiction apprit les premières leçons de vertu. Elle ne le perdait pas de vue, et travaillait continuellement à le rendre digne d'être présenté à Dieu.

« Aussi, comme un autre Samuel, ajoute le P. de Rhodes, se donna-t-il si pleinement au Seigneur, qu'entrant au noviciat à l'àge de dix-huit ans, il put aussitôt commencer par où d'ordinaire les autres ont bien de la peine à finir. Ses discours en particulier, durant les récréations, étaient si dévots et si charmants, (jue chacun cherchait l'occasion de se trouver en sa compagnie ; et jusqu'à la fin de sa vie, il eut cette grâce particulière, que traitant avec les Nôtres et les étrangers, il gagnait tout le monde à Dieu ». Ainsi dans une seule année de régence, il vit dix-huit de ses disciples entrer en différents Ordres religieux. Antoine Gapece n'était cependant encore qu'à ses débuts et simple Scolastique. Ses études terminées, il eut le bonheur d'être choisi, entre beaucoup d'autres candidats, pour conq^agnon du Vén. P. Marcel Mastrilli, appelé par saint François Xavier à l'apostolat et au martyre. Sept années le séparaient encore du terme de ses désirs. Rien n'est plus beau que les lettres qu'il adresse, pendant les loisirs de sa longue traversée, à l'un de ses frères, religieux comme lui de la Compagnie : « Il y a près de trois ans que je suis en voyage, lui écrit-il, toujours regardant et soupirant après mon Japon. Ils seront très bien employés avec trois autres et plus, si à la fin Notre-Seigneur peut en être servi et honoré, et si je pénètre jusqu'à cette terre bien aimée, pour y travailler, y souffrir et y répandre enfin mon sang pour l'amour de mon Sauveur Jésus »!

« II y entra, dit en terminant le P. de Rhodes, il y fut pris, mis

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au supplice et y confessa Jésus-Christ, parmi les tourments de l'eau, des torches et des lames ardentes, puis dans la fosse et sous le glaive qui lui abattit enfin la tête ; il conserva la foi à son maître, il l'eut toujours au cœur et à la bouche, et venu de Naples jusqu'à ces extrémités du monde, parmi tant de mers, tant de peuples inconnus, tant de tempêtes, tant de naufrages, il put faire voir à tous ces barbares que l'amour de Jésus-Christ est plus fort que tous les supplices et la rage des ennemis de Dieu ».

Patuignani, McnoL, 25 marzo, p. 182. — de Rhodes, Histoire de la vie et (le la glorieuse mort de cinq Pères de la Compagnie de Jésus. — Grasset, Histoire du Japon, t. 2, l. 20, p. 662. — Charleyoix, Histoire du Japon, t. 5, p. 107, 361, 364 et suiv. — Alegambe, Mortes illustres, p. 590. — Naua&i, Ann. dier. memor., 25a mart., p. 169. — Drews, Fasti Soc, Jes., 25a mart.. p. 115.

* Le vingt-cinquième jour de mars, fête de l'Annonciation de la très sainte Vierge, mourut au noviciat de Messine, Tan 1618, le F. Barthélémy Valditaro, prévenu dans un très haut degré, dès ses premières années, des bénédictions de Dieu et de l'auguste Reine des anges. Telles étaient dès lors sa pureté et son horreur de tout ce (|ui aurait pu en ternir l'éclat, que ses condisciples, comme autrefois ceux de Bernardin de Sienne, arrêtaient sur leurs lèvres toute parole moins honnête, dès qu'il le voyaient venir ; et plusieurs, soit plaisanterie, soit respect pour sa vertu, ne l'appelaient pas autrement que le Bien/icia-eux Valditaro. 11 sentit de bonne heure un

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ardent désir d'entrer dans la Compagnie. Mais Dieu permit que ses demandes ne fussent pas d'abord écoutées. L'humble jeune homme, attribuant ce refus à son indignité, redoubla de ferveur et multiplia ses prières et ses pénitences. Cependant il ne pouvait dominer sa tristesse de n'avoir pas été admis à revêtir les livrées île saint Ignace ; il dépérissait lentement. Emu de compassion h cette vue, son père se fit son intercesseur et sollicita pour lui la grâce si vivement ambitionnée. Enfin les portes du noviciat s'ouvrirent. En les franchissant, Barthélémy crut entrer au paradis.

On ne saurait dire, raconte un de ses biographes, avec quel élan et quelle générosité le F. Valditaro se jeta dès le premier jour dans la carrière de la perfection religieuse ; son esprit de mortification, son recueillement intérieur, sa modestie, la grâce de ses manières, son amour filial pour la sainle Vierge, en faisaient une vive image de saint Stanislas et donnaient les plus belles espérances. Mais il ne fut que montré à la Compagnie. Une maladie de poitrine le réduisit en peu de temps à toute extrémité. Rien n'était plus touchant que de l'entendre alors exhaler les sentiments de joie et d'amour qui remplissaient son cœur ; c'était une fête d'aller passer quelques moments auprès de lui ; nul non seulement des novices, mais des plus anciens dans la religion, ne le quittait sans être animé d'un [)lus ardent désir de travailler à sa perfection ; et tel prêtre cjui jus(jue là n'avait pas suffisamment compris la gravité de ses devoirs, saisi par cette influence surnatuelle qui s'échappait des paroles et de toute la personne de ce jeune moribond, rentrait en lui-même, et commençait une vie plus sérieuse et plus digne de sa vocation.

Le F. Valditaro avait annoncé qu'il mourrait le jour de l'Annon-

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dation. La fête venue, les médecins, le trouvant beaucoup mieux, assuraient qu'il vivrait encore longtemps ; sur ces paroles, le Maître des novices le raillait agréablement d'avoir été faux prophète : « La journée n'est pas finie », répondit le malade. Et en effet vers le soir, après quelques minutes à peine d'une tranquille agonie, il s'endormit doucement dans le baiser du Seigneur, à l'âge de dixhuit ans.

CoRDAR\, Histor. Soc, part. 6", lib. 3, n. 28, p. 146. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 72. — Patrignani, Menol. , 25 tnarzo^ p. 176. — Nadasi, Ann. dier. memor., 25^ mari., p. 168. — Id., Pretiosx Occupât, inorient, in Societ. Jes., c. 10, n. 5. — Drews, Fasti Soc, 25»= mart., p. 115.

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