‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 159 sur 331 · XXX MARS · texte numérisé non relu

XXX MARS

Le trentième jour de mars de l'an 1620 mourut saintement, dans la maison professe de Naples, le P. Laurent Maselli, d'une noble famille de Gaserta. Il avait ovangélisé, durant environ trente-cinq ans, les principales villes d'Italie, avec la réputation d'un des meilleurs orateurs de son temps. Par une sorte de proverbe populaire, on regardait comme désespéré tout pécheur qui ne se convertissait pas à sa voix ; mais aussi, durant tant d'années, il ne lui arriva jamais de monter en chaire, sans avoir auparavant médité sur le prix des âmes, sur le zèle du Sauveur et sur la manière de prêcher et de ramener les pécheurs à Dieu. De plus, comme pour attirer sur lui l'esprit et la vertu du saint Précurseur, le P. Maselli portait d'ordinaire un rude cilice, et il y joignait sur la poitrine une croix armée de clous. Le repos que lui laissaient parfois ses missions, était encore consacré à la sanctification des âmes : c'est ainsi qu'il écrivit son beau travail sur la vie, les privilèges, les vertus et le culte de la très sainte Vierge, ainsi que sa vie de saint Joseph et son traité du très saint Sacrement. Le P. Maselli mourut à l'âge de soixante-et-onze ans dont il avait passé cinquante-cinq dans la Compagnie.

XXX MARS. P. IRANÇOIS-MARIE MAZZAGALLI. 38S

Santagata, Istoria délia Proviiic. di Napoli, t. 4, p. 167. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 542. — de Backer, Biblioth., i" cdil., t. 2, p. .394.

Le trentième jour de mars de l'an 169b, mourut à Rome, en odeur de sainteté, le P. François-Marie Mazzagalli, Recteur du Collège Romain, célèbre par son mépris de lui-même et son ardeur ù se crucifier. Il venait d'achever son troisième an, lorsque l'extrême pauvreté du collège de Città di Castello obligea d en fermer les classes ; mais la Compagnie ne put se résoudre à laisser périr dans cette ville les œuvres de zèle fondées par nos Pères, et le P. Mazzagalli reçut l'ordre de s'en charger. Cette position tout exceptionnelle lui permit de satisfaire en pleine liberté ses désirs de pénitence et de pauvreté. Au commencement de chaque semaine, il faisait cuire en une fois une petite provision d'herbes et de légumes qui devaient faire sa nourriture durant tout ce temps. 11 ne faisait qu'un repas par jour ; encore attendait-il jusqu'au soir pour rompre son jeûne. Une planche ou la terre nue lui servait de lit. 11 n'avait qu'un vêtement si misérable et si rapiécé, qu'il eût à peine osé en faire l'aumône ù un pauvre; jamais il ne s'approchait du feu.

Mais ce n'était là qu'une faible partie de ce qu'il aimait à faire souffrir à son corps ; il se reposait sur Dieu des forces qui lui étaient nécessaires pour travailler au salut des âmes. Au travail des prédications, des catéchismes, du saint tribunal de la pénitence, des exercices spirituels donnés dans un grand nombre de monastères et à toutes les classes de la société, il ajoutait le soin des difterentes congrégations de la bonne mort, de la noblesse et des artisans, et l'assistance des moribonds, dont aucun

•Wt) MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iïALIE.

ne semblait pouvoir se résigner à paraître devant Dieu sans avoir été préparé par lui. Cette vie si dure à la nature se prolongea quatorze ans de suite, sans lasser son courage. Le P. Mazzagalli joignit même, pendant les trois ou quatre dernières années, une classe de petits enfants. Quand l'obéissance le nomma, peu de temps avant sa mort, supérieur des pénitenciers de Saint-Pierre et Hecteur Au Collège Romain, il se soumit, mais non sans regretter rt redemander plus «l'une fois encore ce <(u'il appelait ses délices du paradis en ce monde.

Patrignani, MenoL, 'M) marzo, p. 218.

* Le trentième jour de mars de l'an 1630 mourut à Naples, dans la (juarante-troisième année de son âge, le P. Scipioa Pignatelli, de la noble famille des princes de Monte Calvo, entré dans la Compagnie à l'âge de dix-huit ans, après avoir soutenu les plus rudes assauts pour répondre à la grâce de sa vocation. Il cachait, sous un air enjoué et une certaine liberté d'allures, une générosité de cœur invincible aux plus dures épreuves, et une solidité de vertu que plusieurs, trompés par les apparences, ne savaient pas assez apprécier. Mais son admirable patience au milieu des douleurs d'une cruelle maladie de poitrine, qui se prolongea pendant une année entière, [)ermit de pénétrer jusqu'au fond de son cœur. Il ne se démentit pas un instant. Après les accès les plus terribles, quand il avait paru sur le point <le rendre l'âme avec des flots de sang, on

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