XXIX MARS
Le vingt-neuvième jour de mars, de l'an 4620 mourut à Gênes en odeur de sainteté, le P. Bernardin Zannoni, né à Reggio, choisi de Dieu pour être le père et le législateur des Annonciades Célestes, par l'entremise de sa pénitente, la Vénérable Mère Marie Victoire Fornari. Bien qu'il fût entré dans la Compagnie déjà prêtre et à l'âge de trente ans, on lui appliquait la bénédiction de Notre-Seigneur sur ceux qui redeviennent semblables à des enfants par leur docilité et leur innocence. Il se pénétra si parfaitement de toutes les maximes de saint Ignace, qu'il put exercer quarante ans de suite, auprès de nos Pères et Frères de Gênes, la charge de Père spirituel, avec des fruits très précieux d'esprit intérieur, d'abnégation et de dévouement. En même temps, il donnait plusieurs heures chaque jour à la direction d'âmes ferventes, ranimait et sanctifiait par les Exercices de ^aint Ignace les communautés religieuses, exerçait la surintendance sur les catéchismes des paroisses, et employait une grande partie des jours de dimanches et de fêtes à les visiter, à expliquer lui-même dans trois ou quatre églises différentes, la doctrine chrétienne aux enfants, aux pauvres et aux ignorants.
La vie de la Vén. Victoire Fornari et de ses premières compa-
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gnes, presque toutes pénitentes de ce saint homme, renferme de précieux détails sur la manière dont il conduisait les âmes à la perfection. Bien des années avant la fondation de leur premier monastère, Notre-Seigneur lui avait fait connaître le plan et la réalisation de ce nouvel Institut, établi eu l'honneur de la Reine des Anges. Les règles qu'il leur donna dans la suite furent pareillement le fruit de ses prières et de ses pénitences; car pour en faire uniquement l'œuvre du Saint-Esprit, il suivit à la lettre, en les composant, la conduite de saint Ignace. Souvent, comme la gloire de Notre-Seigneur le contraignit d'en faire l'aveu un jour, son travail était interrompu, sans qu'il lui fût possible d'ajouter un mot. Alors il recourait au Sauveur par une ardente oraison , comme à la source de toute lumière ; « et je me voyais dans un moment, ajoutait-il, si pleinement éclairé, qu'un nouvel horizon s'ouvrait à mes yeux, de toute part; et je me sentais suggérer tout ce que je devais écrire ».
Une des dévotions favorites du P. Zannoni était la méditation des souffrances du Sauveur et des vertus de sa sainte Mère. Durant les heures qu'il consacrait au sacrement de pénitence et à la direction des âmes, s'il avait quelques moments libres, il les passait à genoux près de son confessionnal, s'occupant de la Passion et du divin sacrement de l'Eucharistie. Son corps était comme une victime de toutes les heures, qu'il unissait par la souffrance volontaire à la sainte victime du tabernacle. Il veillait avec tant de soin sur lui-même, qu'un de ses compagnons assurait n'avoir pas en vingt années entendu de sa bouche une parole qui put faire de la peine et blesser la charité la plus délicate, ou même un mot inutile. Enfin le P. Zannoni, riche des mérites d'une vie toute con-
XXIX MARS. — P. BERNARDIN ZANNONI. S8'i
sacrée à l'amour de Dieu, s'éteignit doucemenl à l'âge de quatrevingt-sept ans, dont il avait passé cinquante-sept dans la Compa-
gnie.
Patrignani, MenoL, 29 marzo, p. 208. — Sotuellus, Biblioth. Script. Soc. Jes., p. 118. — Nadasi, Annus dier. memorab. Soc. Jes., p. 173. — Drews, Fasti Soc, 29» mart., p. 120. — de Backer, Biblioth., 1" édit., t. 2, p. 679. — Spinola, La Vie de la Vénérable Mère Marie Victoire Fornari. . ., Paris, 1662. — Cordara, Histor. Soc, part. 6a, Ub. 4, n. 26, p. 184. — Helyot, Histoire des Ordres monas tiques, édit. Migne. /. 1, p. 236.