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rôle bouffonne, ou vaine, ou peu charitable, ou contraire à une <le vos règ-les. Chacune de vos paroles ne doit plus tendre qu'à la gloire de Dieu, à l'édification de vos Frères et au salut des âmes. Bien des travaux, des périls et des souffrances vous sont réservés. Mais ne craignez rien, je serai partout avec vous, le guide et le compagnon de vos fatigues et de vos courses. Et maintenant, au vœu que vous avez fait de jeûner tous les ans en mon honneur, ajoutez encore celui d'un quart d'heure spécial de méditation tous les jours et d'une demi-heure toutes les fêtes ».
Enfin dans une dernière apparition, après lui avoir promis le libre mouvement de tous ses membres, à la condition expresse qu'il s'engagerait encore par vœu à faire sur-le-champ les Exercices de saint Ignace, le bienheureux Louis ajouta : « Dieu demande beaucoup de vous, et en attend de grandes choses ; menez maintenant la vie d'un saint. Je serai votre maître et votre guide ; je veux que mon nom devienne le vôtre, et qu'on ne vous appelle plus que Louis. Ce sera pour vous un perpétuel souvenir de mon amour et de mes bienfaits. Que le Seigneur tout-puissant, par l'intercession de ses serviteurs Ignace et Louis, vous rende la liberté de vos mouvements, et vous fasse la grâce de n'en user que pour la vie éternelle » ! A l'instant, Louis Spinelli fut guéri. Or ce miracle juridiquement constaté devant les tribunaux ecclésiastiques, ne fut pas seulement utile au corps et à l'àmc du jeune religieux. Aucun événement peut-être ne contribua plus efficacement à donner des imitateurs et des clients, surtout en Sicile, au saint patron de la jeunesse. Mais entre tous, le nouveau Louis ne cessa plus .le se distinguer par sa ferveur, et de tenir fidèlement toutes ses promesses jusqu'à son dernier soupir, durant
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trente-deux ans encore de vie intérieure, laborieuse et souffrante pour Jésus-Christ.
- Aguilera, Hislor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 850 seqq. — Boll.vnw. . Acta SS., 2Ia /un., p. 1075 seyq. — Muneiu. S. J., Vifa di S. Luigi Gonzaga,Genovn, 1743.
* Le quatrième jour d'avril de l'an 178!2, mourut au Tonkin le P. François-Xavier Camerini, l'un de ces vaillants ouvriers que la suppression de la Compagnie surprit au milieu de leur apostolat, et qui, sous une autre direction humblement et généreusement acceptée, continuèrent ii se dépenser pour la dilatation du règne de Jésus-Christ. Dès son enfance, la lecture de la vie du P. Marcel Mastrilli, le glorieux martyr de la foi au Japon, l'avait emflammé du désir de s'engager sous le même drapeau. .\ peine entré au noviciat de Saint-André, il demanda avec instances d'être envoyé dans les missions d'Orient. Après quelques années passées à Lisbonne, il venait d'arriver à Goa et achevait de se préparer par l'étude à son futur ministère, quand, sur l'ordre de Pombal, tous les missionnaires furent arrachés de vive force à leurs chrétientés, et au nombre de cent vingt-sepl, entassés pour être ramenés en Europe, sur un navire, qui de l'aveu du capitaine, ne pouvait en cnntc^nir que quarante ou cinquante. On a peine à se faire une idée des souffrances qu'ils eurent ;i endurer pendant cette horrible traversée; vingt-quatre d'entre eux devinrent en peu de temps la proie des maladies et des privations , et leur dépouille fut abandonnée aux flots.
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On comiaîl le sort que Pombal réservait aux survivants. Dans les cachots du fort Saint-Julien comme sur le vaisseau des Indes, la charité du P. Gamerini pour ses frères fut infatigable autant qu'industrieuse. A force de douceur et de bons procédés, il avait su gagner la bienveillance de quelques gardiens, et il s'en prévalut pour faire parvenir aux infirmes et aux vieillards des remèdes ou une ilourriturc meilleure. .Vprès six années de captivité, il fut remis en liberté, à la requête de l'impératrice Marie-Thérèse, avec trente autres Jésuites, Italiens ou Allemands. Cependant ses regards étaient sans cesse tournés vers l'Orient. La persécution n'avait fait que redoubler l'ardeur de ses désirs. Aussi en arrivant à Rome, son premier soin fut de solliciter auprès du P. Laurent Ricci la faveur de retourner à ses chères missions. Mais bientôt il est atteint d'une maladie de consomption, triste conséquence de tant de mauvais traitements et de fatigues, et le médecin déclare que le mal est sans remède. Sur ces entrefaites, passe à Rome, cherchant des ouvriers, le P. Laurent Vigliani, Supérieur des missions du Tonkin. Le moribond, qui n'a plus qu'un soufiïe de vie, s'oifre néanmoins à le suivre, si c'est le bon plaisir du Père Général. « Allez », répondit le P. Ricci, obéissant à une inspiration d'en haut. Le jour même, le P. Gamerini était hors de danger, non sans un profond étonnement du médecin, qui n'hésita pas à reconnaître un miracle dans une guérison si soudaine.
Quand le P. Gamerini, après une année entière de navigation, toucha les rivages du Tonkin, la Compagnie n'existait plus en Europe. Quelque temps encore, la terrible sentence fut ignorée des missionnaires, et le nouveau venu se mit au travail avec une ardeur d'autant plus grande qu'elle avait été plus longtemps con-
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tenue. Mais enfin le Bref de Clément XIV fut sig-nifié aux enfants de saint Ignace, derniers héritiers des apôtres qui avaient fondé cette belle église, et proposition leur fut faite de se retirer ou de continuer leurs travaux sous les ordres de la Propagande. Adorant les jugements de Dieu et faisant taire son immense douleur, le P. Camerini resta dans la mission, et fut chargé de l'administration d'un district qui ne comptait pas moins de dix-huit mille chrétiens. La persécution sévissait alors au Tonkin. Pour échapper aux recherches des satellites, il lui fallait passer les journées entières enseveli dans une retraite profonde et insalubre, au milieu des roseaux et des marais ; et la nuit seulement, il pouvait, à travers mille dangers, porter aux fidèles les encouragements de sa parole et les secours de la religion. Deux fois, il fut arrêté et jeté dans un étroit cachot. Mais comme saint Paul et son glorieux patron, saint François Xavier, il surabondait de joie au milieu des épreuves ; et dans ce temps-là même, il écrivait à sa mère de faire célébrer le saint sacrifice de la messe pour lui obtenir la grâce du martyre; il invitait ses frères, prêtres séculiers en Italie, à venir partager ses fatigues : « Croyez-en mon témoignage, leur disait-il, Dieu remplira votre cœur de telles consolations, que vous serez obligés de vous écrier avec mon grand François Xavier : « Satis, Domine, satis ». Lui-même était insatiable de croix, et on l'entendait souvent redire avec l'apôtre des Indes : « Amplius, Domine, amplius ».
On ne sait quel fut son genre de mort ; quelques-uns assurent qu'il s'éteignit de pure misère, épuisé par tant de souffrances ; d'autres, qu'il fut victime de la haine des persécuteurs, et eut le bonheur de verser son sang pour le nom de Jésus-Christ. Mais