AVRIL. P. FRANÇOIS ORSINI
temps de sa vieillesse, jamais ii ne consentit à se laisser servir par personne ; il répondait avec un doux sourire à ceux qui voulaient lui rendre quelques bons offices : « Vraiment, mes frères, je serais resté dans le monde, si j'avais prétendu être servi » ! Vers la fin de sa vie, il fut éprouvé par de grandes désolations d'esprit et de pénibles scrupules. Mais comme il arrive presque toujours aux âmes fidèles. Dieu lui dilata le cœur dans sa dernière maladie, et il mourut rempli de la plus douce confiance, à l'âge de soixantesept ans, dont il avait passé quarante dans la Compagnie.
Patrignani, Menol., \ npril., p. 6. — Cassani, Varones iluslres, t. 3, p. 613-621.
fl wwu.
\à' ck'uxuMiJi' jour (l'avril dv I an IdOC», nuairul ait collège ik; Painic. (luiaiil sa scfoiulc année <k' jjliilosophie, rang;élique F. (<n.vitij:s (Iasaki, (IoiiI les li('ioï(((i('s vcitns ['uienl solonnellemonl attestées, a[)rès sa niorl, par l<'s df'positions aul;henti(|nes Je ceni ([uaranle tcMnoins. N*' à Kolo^ne en lo8.'>, il avail sucé |»oui' ainsi ilire avce le lail de sa mère, nne tondre déYOti()n [K)ni- la Keine des Ang'os el ponr les plaies di' Jésus souillant. Entré dans la Compagnie h I âge de seize ans, il étail ;i peine depuis ein([ mois ait noviciat de Piidone, tpie l'éclat de ses vertus, lui obtenait, an joui' de l AnuDueitition de la sainte \ ierg-e, lit laveur de ])rononcei' ses [)remiers vœux de dévotion. Il reçut au nuMue inslanl, eomme en ('elumge de son otVranck', une eomjnuuicalion lonle [lartieidière de la préseiiee du \ er})e incarné. Les paroles d»; .h'-sus entranl dans le monde, pour l'aire en tovil la volonli de sou l'èit-, devinrent désormais l'unique règ-le de sa eontlnile el sou as[)iriiliou iuvari;il)le , comme il 1 avouait très joveuseineni sur sou lit de mort, et jiistprà son tlerniei" souille il répt'-lii : « l'o/o. vo/o dlviiidiK volitiitotciit se/uj)er in me pcrfcctissiinc (idiiiiplcrl ! .Je veux, je veux tpie la volonté divine soit tonjours accomplie 1res jîarf'ailement en moi " ! On peut coni])rendre :;!)'i
y. CHARMAS CASAUI.
Il AVRIL.
|)ai' là, eomnienl son Maîlrti <l(^s novices |)oiivnil dire ([ue la vie (!l la convoisalion île ee saint jeiinc^ liomnie lui étaient d'un grand secours pour mieux servir et aiin(>r Notre-Si'ioneur. Mais hélas ! ajoutait-il, eombien ii'avons-noiis pas lieu de craindre <|ue \v ciel \u) nous l'eiwie et ((ue la mort ne nous le moissonne bientôt » , Trois ans ]»lus fard, le 2 fc-vrier IGO-"), loin d'avoir rien perdu de sa lerveur, \v I". (lliarles (lasari s'cUait si pleinement (Mirichi <le tous l(^s Irt'sors du <iel, par sa constante lidélit(^ à la g-ràce, dans renseignement il'une classe au collège d(^ Vérone, et durant «pielqucs mois d'études ])liilosophifpies, «(ue Notre-Seig'neu)' le jug'oait digiuï d'un ])rivilège accordé à bien peu de saints. Le jour de la Purifieation Ao Notre-Dame cl «le la Présentation <1u Sauveur, après une invitati<n» intérieure du ciel et une préparation de ])rière et de? p(''nitenc<>, le ]'. (Charles était admis en ell'et aux divines llaiicailles de son àme avec le Verbe incarne'', en présence e:t sous les auspices de la \ ierge Marie, de son saint ange gardien <^t de la multitude des lîienheuri.Hix. d'i-tait comme l'annonce de son prochain dépari pour Ii> ciel. Durant ((uatorze mois, il ne lit plus «pie languir «l'amour, ct)nsunié ])ar une flamme intérieul'c <(ui le dévorait, et semblait continiielknneiil vouloir s'exhaler de sa poitrine avec des flots de sang-, liieii ne ])ourrait rendre la sérénib'i de son visag«î et de son creur en ce Iristc «Hat. Les imîdecins disaient enx-inémcs cpie bien soiiv«Mjt ils m«! venaient le voir «|ue pour s'édifier «lu spectacle «le sa patience «;t de sa nio- 'lestie. Il ne demandait, ne refusait, in^ craignait rien, pourvu <pie la volonté de Dieu s'accomplît. A la nouvelle de sa mort inijninente, il éclata on transports de joie, récitant avec un de nos Pères la belle proses «le la Pentecôte, le///, Sanrfc Splritus ; il
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supplia ce divin Esprit de présider à ses derniers moments. Le F. Gasari vécut ainsi jusqu'au jour où l'Église célébrait cette année l'Annonciation de la très sainte Vierge et l'Incarnation du Verbe divin. Comme un de ses frères lui en faisait la remarque : «; 0 grâce des grâces, s'écria-t-il, en jetant les yeux sur une image de Notre-Dame ; ô bonheur d'expirer entre les bras de ma très douce Mère, en ce jour où je me suis oll'ert pour elle en sacrifice au commencement de mon noviciat ! jour de mes premiers vœux, de ma joie et de mes délices, dont la- seule pensée ne cessera de me faire tressaillir durant toute l'éternité ». Et il rendit au Sauveur son Ame très pure, non seulement sans avoir jamais perdu la grâce de son baptême, mais sans pouvoir se rappeler , au témoignage de son confesseur, une seule faute vénielle commise de propos délibéré.
JuvENCius, Histor. Soc. Jes., part, ô, lib. 24, n. 68, p. 839. — Litter. ann. 1606, /;. 25. — Patrignani, MenoL, 2 april., p. 9. — Nadasi, Ann. dier. memor.., 2* april., p. 180. — Id.. Prelios. Occupât, morient .. c. 1, n. 1. — Dhews, Fasti Soc, 2» npril., p. 126.
Le deuxième jour d'avril de l'an 1695, fut martyrisé à coups de (lèches, dans la réduction de Caborca, au Mexique, le P. François- Xavier Saeta, Sicilien. Il n'était arrivé que depuis cinq mois parmi les tribus indomptables de la Pimeria Alta ; toutes les privations de la vie sauvage ne l'eifrayaient point : « Grâce à la miséricorde de Dieu, écrivait-il dès les premiers jours, je me sens la force de tout souffrir pour son amour, et de souffrir même avec
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joie. Mais Iiélas ! ajoutait-il peu d'heures avant son martyre, tout ce que je fais n'est vraiment rien en comparaison de ce que je dois à la majesté divine et aux Ames ». La veille du saint jour de Pâques, les Indiens qui avaient conjuré sa mort vinrent à sa pauvre cabane vers le lever de l'aurore, comme pour le visiter en amis. Le P. Saeta les reçut à bras ouverts; mais bientôt, à la vue de certains signes qui trahissaient leurs intentions homicides, il se mit tranquillement à genoux pour offrir le sacrifice de sa vie à Notre-Seigneur ; et à l'instant, il fut percé de deux flèches. Se relevant alors tout sanglant, il courut embrasser un grand crucifix qui lui avait toujours servi de fidèle compagnon depuis son départ de Sicile, et rendit l'esprit entre les bras du Sauveur. Ainsi devait s'accomplir l'assurance qu'il semblait avoir reçue dû ciel, longtemps avant son séjour parmi les Pimas. Car pendant ses dernières études à Mexico, plus d'une fois on lui avait entendu répéter en montrant cette sainte image : « C'est entre les bras de ce Seigneur que j'aurai le bonheur de mourir sous les coups des Indiens ».
Aleguk, Historia de la Compahia en Nueva-Espaha, t. 3, p. 85. — • OviEDo, Menol. Mexican., 2 april., p. 85. — Fluvi\, Apostolicos Afanes de la Compahia en su Provinc. de Mexico, p. 254. — Venkg.vs, Noticia de la California, t, 2. />. 91.
III AVMIL
Le troisième jour d'avril »le l'an lo90, luoiiriil ;i <Ui(aiu' !«• P. lilusTACHF Patkkno, (loulourcusemenl /'proiivi' ])ai' hciih' aiiiK-es de vives et continuelles soutîrauees. Pour en adoucir la rigueur, il n'avait trouvé, disait-il, que deuv bons remèdes, la patience et le jeûne. Uuaiul la cliarilc; de ses supérieurs ou de ses frères l'invilail à se ménager un peu ])lus : « Je veux, rt'-pondait-il, tpie toute cette croix soit la mienne, et non pas celle des autres; <'ar je ne {;rois pas rpie Notre-Seig-neur jue l'ait envoyée pour leur être à charge ; mais pour que j'en profite en leur donnant cpielques bons (exemples, et eu soufîrant avec joie comme l(\s saints ». Ouand il remit son àmc à Dieu, le P. Paterno était àg(' de (-incpuintc ans et en avait passé trente dans la Compagnie.
Aguileiia, llistor. Pnwlnc SiruL. t. I, p. 29^i. — Lit ter. Ami. Soc., ann. 1590, /;. 87.
IV AVIill,
\.c (|u{ili't('iiK' jour <l'as'iil ((ans les liulcs, non loin îles côtes du l)eni>ale, uioiiruieiil l'an KJO-i, les PP. NoKr, Saf-erao et Andp.i; Btt- VA, Siciliens, consumés par les llanuiies en assistant la (lotte porlugaise (jni taisait la ^-neire an roi «l'Arracan. Tous deux venaieni (le parcoiii'ir ensenihlc duranl plusieurs anur-es ces vastes rovaiinies dont les p(>uples ne connaissaient ni l'Evanj^ile ni le nom de Jésus. Ils eurent aussi le l)onheur de couronner ensemble leur apostolnl par celte mor! cruelle, en onvrani le ciel à leurs eom- [)ag'nons d inl'orlunc, (jiie les ilamiues el rnc('an se dis|»utèrenl, aux cris de joie de leurs ennemis.
A'au,i:i!v. Ilisidf. l'iaviiic. S/f/i/.. I. l, p. \l^^. — i>i .Ivuiik;. T/iCiaur/t.s /cr/f/N J/if/ic. L '!. If'/t. '1. c :>.").
l.e (ptaliienie jour d avril de Tau Ui()(l, niouinl après vingt-cinq ans d'apostt>lal dans les Philippines, le P. Loi is-.losHi'îl SriNKLlJ, Sicilien, dont le nom es! aussi eiioilemeul lié au culte du saint patron de la jeunesse, Louis de (ionzague, (pie le nom de Maslrilli
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au 'culte de saint François Xavier. Il faisait sa seconde année de philosophie parmi les Scolastiques de Palerme, lorsque à l'âge de vingt-deux ans, il fut frappé d'une paralysie qui le retint cinquante jours entre la vie et la mort, et le priva de tout mouvement de la langue, des mains et des pieds. En ce triste état, Joseph Spinelli conçoit tout à coup une vive espérance d'être délivré de ses maux par saint Louis de Gonzague. 11 demande par signes qu'on lui apporte quelques reliques du Saint, et s'engage par vœu à jeûner tous les ans en son honneur la veille de sa fête, si la santé lui est rendue. La nuit suivante pendant qu'il dormait, une voix céleste entendue très distinctement par le Frère qui veillait auprès de lui, l'appelle deux fois par son nom : « Joseph ! Joseph ! » Puis le bienheureux Louis lui apparaît, accompagné de saint Jean Berchmans, et lui dit: « Joseph, que voulezvous de moi »? — « La parole et le mouvement », répondit le malade ». — « Mais pourquoi ne demandez-vous pas la grâce d'une prompte mort ? reprit le Saint. Oh ! si vous saviez combien il est bon de mourir » ! Et comme le F. Spinelli protestait ne vouloir autre chose que le bon plaisir de Dieu, Louis ajouta: « Prenez courage et soyez homme de cœur, car il vous reste une longue carrière à parcourir » ! Et il disparut.
Dans une seconde visite, toujours avec son compagnon de gloire, Jean Berchmans, le Saint rendit au jeune malade l'usage de la langue et lui dit : « Reconnaissez que vous avez été privé de la parole par Notre- Seigneur, pour n'en avoir pas fait un assez saint usage jusqu'ici, et particulièrement pour avoir négligé cotte règle de la langue latine qui nous a toujours été si sacrée, à mon frère Jean et à moi. Gardez-vous désormais de toute pa-