IX AVRIL
Le neuvième jour d'avril de l'an 1681, au Collège Romain, mourut en odeur de sainteté le jeune P. Paul Simi, âgé de vingthuit ans, et enseveli par honneur près de saint Jean Berchmans, dont il semblait avoir fait revivre les vertus. La maison paternelle et le Séminaire Romain furent la première école de perfection où, dès sa plus tendre enfance, il apprit à imiter les saints de son âge. Il n'avait guère que dix ans lorsqu'il fut confié aux soins de la Compagnie, parmi les jeunes pensionnaires qui se destinaient au service des autels ; bientôt il obtint de se lever chaque matin, longtemps avant le réveil de ses condisciples, pour aller faire oraison dans une cellule voisine. Chaque soir il y retournait faire son examen, qu'il terminait par une rude flagellation. Une âme si pure et si innocente se détacha sans peine du monde. Cependant Paul Simi n'osait encore aspirer à la Compagnie, tant il se croyait incapable de parvenir à la science et à la sainteté de ses maîtres. Mais ceux-ci en jugeaient bien différemment. Dès qu'il leur eut fait part de ses désirs et de ses craintes, ils le reçurent avec joie. Sa mère s'estima heureuse de l'offrir à Notre-Seigneur ; seulement elle eût préféré le voir entrer dans un autre Ordre religieux : « Car si tu n'es pas à la hauteur de ta vo- A. I — T. 1. — 53. 417
cation, la Compagnie, lui disait-elle, pourra bien te renvoyer ». — « Mais c'est là, au contraire, répondit le jeune homme, un motif de plus pour m'encourager et me soutenir ; car les Pères ne me renverront que si j'ai le malheur de me montrer indigne de vivre avec eux ».
Cette parfaite humilité de cœur fut toujours en effet une des vertus caractéristiques de Paul Simi. La dépendance lui était si chère, qu'il obtint d'un de ses supérieurs la permission de se soumettre, lorsqu'il était professeur, à l'un de ses plus jeunes collègues, et pour les choses les plus indifférentes. Craignant un jour de n'avoir pas assez victorieusement repoussé une légère pensée d'envie, à propos des succès d'un de ses frères, il offrit aussitôt à Notre-Seigneur un mois entier de ses bonnes œuvres, prières et pénitences, pour celui qui en avait été l'objet. Chaque année, il suppliait le Père Provincial de le mettre à quelque poste plus humble ou dans quelque maison plus pauvre ; et ce lui fut une grande joie, lorsqu'il enseignait la grammaire à Montepulciano, de porter durant une année entière une soutane plus courte que celle des Frères coadjuteurs, ce qui le faisait prendre pour un d'entre eux. Enfin, sur son lit de mort, comme on le pressait de faire en l'honneur de saint Ignace un vœu pour obtenir sa guérison : « Eh bien ! je fais vœu, répondit-il, de demander tous les ans, jusqu'à la fin de ma vie, la dernière place de la Province, et celle qui me semblera la plus méprisée ».
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Patuignani, MenoL, 0 april.^ p. 91 et suiv. — Domenichini, Vita del P. Pietro Paolo Simi. . . Roma, 1682. — Rossignol, Œuvres, 4° Recueil, Paris, 1805, p. 167.
* Le neuvième jour d'avril de l'an 1612, mourut dans la maison professe de Messine le P. Jérôme Galizia, à l'âge de soixante-cinq ans dont il avait passé quarante-neuf dans la Compagnie. Religieux d'une science profonde et d'une perfection consommée, uniquement occupé de Dieu et de son emploi, étranger au monde et à ses nouvelles, il ne franchit pas une seule fois, assure-t-on, pendant huit années entières, l'enceinte du collège de Gatane. Le P. Galizia perdit la vue dans les dernières années de sa vie. Cette épreuve pénible mit le sceau à sa vertu. 11 l'accueillit avec une sérénité et même une allégresse qui ne se démentirent pas un moment, et montrèrent qu'il savait reconnaître et aimer en toute chose la très sainte volonté de Dieu. Forcé de renoncer à la plupart de ses occupations, et jaloux de travailler néanmoins au bien des âmes, il demanda et obtint la faveur de se livrer à l'instruction chrétienne des nombreux esclaves qui remplissaient le port et la ville de Messine ; il gagna ces pauvres gens par sa patience, son zèle et son inaltérable charité, et après sa mort, tous le pleurèrent comme leur père et leur meilleur ami.
Litter. ann. Societ., anno 1612, p. 6. — Nadasi, Ann. (lier, mentor., 9a april., p. 192, <?r 13» maii, p. 264. — Drews, Fasti Soc, 9' april., p. 135. — Aguileha, Histor. Provinc. Sicul., t. i, p. 519, t. 2, p. 32.