‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 173 sur 331 · X AVRIL. — F. JEAN-BAPTISTE TUBALLINI · texte numérisé non relu

X AVRIL. — F. JEAN-BAPTISTE TUBALLINI

dans cet état qu'il rendit son Ame à Dieu, le saint jour de Pâques, échappant par la mort au péril de se voir peut-être rejeté de force dans le monde. En témoignage de sa puissante intercession dans le ciel, un pauvre Mahométan qui l'avait suivi jusqu'à Rome, atteint comme lui d'un mal soudain, et soigné de même par les novices, fut, avant de mourir, vaincu par la grâce, reçut avec bonheur le saint baptême, et alla rejoindre son cher maître auprès du trône de Dieu.

Sacchinus, Histor. Soc, part. 5», lib. 3, n. 5, p. iil. — Litter. ann. Societ., ann. 1583, p. H. — Patrignani, MenoL, 10 april., p. 97. — Alberti, Istor. délia Provinc. di Sicil., l. 5, c. 6, p. kll. — N^das!, Ann. dier. menior., 9* april., p. 192. — Drkws, Fasti Soc, 9» april, p. 135.

Le dixième jour d'avril, à Palerme, mourut en 1592, le F. Jean- Baptiste Tuballini, Scolastique, âgé de trente-huit ans, mais presque toujours immobile, sur un lit de douleurs, durant les onze dernières années de sa vie. Il enseignait la rhétorique aux juvénistes de Palerme, lorsqu'il fut frappé de paralysie. Par une incroyable force d'âme, il continua quelque temps à leur faire la classe en ce triste état ; mais bientôt tout mouvement lui devint impossible, et il se vit réduit à ne plus faire , durant de longs jours de martyre, que bénir silencieusement Notre-Seigneur et souffrir pour lui. On l'appelait le nouveau Job de la Sicile ; les Pères du collège et les étrangers venaient en grand nombre

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près de son lit, rien que pour être témoins du spectacle de sa patience, ou plutôt de sa céleste joie. Cependant comme il aimait mieux qu'on le laissât seul en prière, et qu'il avait alors beaucoup à souffrir des mouches et des cousins dont son immobilité ne lui permettait pas de se défendre, la charité d'un de ses supérieurs imag'ina de lui donner pour compagnons deux petits oiseaux, qui se nourrissaient d'insectes, et qui le délivrèrent ainsi des blessures et du bourdonnement insupportable de ses ennemis. Quant au saint jeune homme, il ne désirait ni ne demandait aucun soulagement sur la terre ; mais au moment oii il rendit le dernier soupir, un de ses plus vertueux amis, le P. Vincent Marotta, bien que fort éloigné de Palerme, connut par une impression subite et ineffable de joie intérieure, combien les longues souffrances du F. Tuballini avaient été précieuses devant Dieu.

Litter. a/m. Societ., anno 1592, p. 29. — Aguilera, Histor. Provinc.

SicuL, t. ï, p. 315. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 10» april., p. 193.

— Drkws, Fasti Societ., 10 ^ april., p. 137. — Rho, Varia: virtut. Histor., p. 685.

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