‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 174 sur 331 · XI AVRIL · texte numérisé non relu

XI AVRIL

* L'an 1G07, on ignore quel mois et quel jour, mourut au collège de Barletta le F. Jean-Thomas d'Arminio qui afin de suivre de plus près Notre-Seigneur anéanti pour les hommes, avait préféré l'humble degré de Coadjuteur temporel au sacerdoce et aux emplois éclatants que sa science et ses grands talents pouvaient lui promettre dans la Compagnie. Il était frère aîné du P. Léonard Arminio, intrépide missionnaire des tribus indiennes du Brésil, et avait exercé longtemps la charge de président de la chambre ro3'ale à Naples, avec une grande réputation d'intégrité. Mais la délicatesse de sa conscience, qui craignait toujours de manquer à la justice, au milieu du conflit de tant d'intérêts présentés à son tribunal, le faisait soupirer après une vie moins sujette au trouble, et où il pourrait servir Dieu dans la paix. Il sollicita son entrée dans la Compagnie. Le P. Louis Mansoni, Provincial, lui présenta une multitude de difficultés ; le bien qu'il faisait dans le monde, la rigueur de la vie religieuse, surtout son Age, (il avait plus de soixante ans) : tout semblait faire obstacle à ses désirs ; Jean d'Arminio ne se laissa point déconcerter, et demanda comme une grâce d'être reçu parmi les Frères Coadjuteurs.

Durant les neuf années qu'il vécut encore, sa ferveur ne se dé-

mentit pas un moment; il paraissait ne pouvoir se rassasier d'humilité, d'obéissance, de saint repos, du bonheur de servir Dieu loin du bruit et de l'agitation. Une disette extrême, bientôt suivie d'une sorte de peste, lui donna occasion de se dévouer au service du prochain ; c'est dans cet exercice de la charité que le F. Jean d'Arminio eut la gloire de donner sa vie, à l'âge de soixantedix ans.

Sant\g\ta, Istor. délia Pr ovine, di Napoli, t, 3, p. 282.

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