XVIII AVRIL
Vers le dix-huitième jour d'avril de l'an 1570, le F. François Pagana mourut à Messine en odeur de sainteté. Il venait de passer du noviciat de Messine au juvénat, lorsque les ravages d'une maladie de poitrine le réduisirent bientôt à l'extrémité dans la plus belle fleur de son âge. Mais ce généreux enfant n'avait pas d'autres désirs que de voir s'accomplir en lui la sainte volonté de Dieu, .autant il s'était jusqu'alors livré avec ardeur, par obéissance, à l'étude, autant il s'appliqua désormais à vivre de cœur dans la douce compagnie des anges, libre de toute affection terrestre, et trouvant dans une prière affectueuse et continuelle un très doux repos. Peu de moments avant sa mort, son père était venu de Syracuse pour l'embrasser encore une fois ; mais cette visite n'avait pas détourné un instant ses pensées et ses affections des choses du ciel. Comme il commençait à prendre son dernier repas, fixant tout à coup des regards pleins d'une incomparable joie vers la porte de sa chambre : « Ce n'est plus le temps, ô mon père, dit-il doucement, de songer à une nourriture terrestre. Ne voyez- vous pas ces trois anges vêtus de blanc, et