‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 192 sur 331 · XXI AVRIL · texte numérisé non relu

XXI AVRIL

Le vingt-ct-unième jour d'avril de l'an IGOG raj)polle 1 lieureuse mort du F. Ange Santoiîo, Scolastique, arrivée au collège de Naples. « C'était, lisons-nous dans le journal nianuseril des défunls du collège, un insigne serviteur de Dieu, liunible au [)0ssible et merveilleusement jaloux de sa pureté virginale ; ainuuil au plus haut degré l'étude et la fatigue ; mais en même temps toujours uni de cœur à la majesté divine, el senil)lanl ne pouvoir parler d'autre chose ». Le Vén. P. Bernardin Realino, son confesseur au collège de Lecce, si éclairé dans les voies de Dieu, n'hésitait pas à le comparer à Louis de Gonzague pour sa pureté sans tache et la rigueur de ses austérités. Le F. Ange était alors chargé d'une classe. La plupart de ses élèves embrassèrent la vie religieuse, sous la seule influence de ses exemples et de l'ardeur qu'il leur inspirait pour la piété. Celte influence n'était pas moins salutaire sur les religieux de la Compagnie, bien qu'il ne se permît jamais d'en reprendre un seul, et fût au contraire pour tous de la plus aimable sérénité. Pendant sa dernière maladie, comme son lit était fort incommode, et que plusieurs de ses frères en faisaient tout haut la remarque. « 0 mes Frères, s'écria-t-il les larmes aux yeux, quel était donc le lit de Jésus mourant ! qui me donnerait

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d'expirer avec lui sur la croix » ! Trois jours d'avance, Notre- Seigneur lui révéla le moment de son bienheureux passage. Le matin du jour où il expira, le médecin lui ayant dit qu'il vivrait sans doute jusqu'au soir : « Non, répondit-il, car alors il serait trop tard de m'appliquer aujourd'Inii les fruits du saint Sacrifice ». l^n eilet, au bout d'une demi-heure, il remit joyeusement son âme à Dieu ; il était âgé de vingt-huit ans.

Santa'J^ta, /."tor. de/la Promu:, di NapoU, l. •$, p- 242.

Le vingt-et-uuième joui' d'avril de l'an 1634, mourut à Messine le 1*. Bkxoit MuLirro, saint vieillard, que soixante-six ans de vie religieuse n'empêchaient pas de travailler encore, avec toute l'ardeur d'un jeune homme, au salut des pécheurs et à la gloire de Dieu. Il semblait trouver dans la prière et dans l'ardeur de sa charité les forces «juc lui vefusait la nature. Pour se préparer en effet à ses fatigues de chaque jour, il passait une partie de ses nuits en oraison, -tantôt devant le saint Sacrement, tantôt, comme saint Ignace, sur la plate-forme de la maison ; il y demeurait des heures entières, les yeux et le cœui- au ciel, comme s'il n'eût pu les en d(.'tacher. Trois ans avant sa mort, longeant par jner les côtes de la Sicile, et voyant un prêtre que l'agitation des ilôts tourmentait cruellement, il profita de quelques heures de relâche dans une misérable baie sans ressource, pour gravir seul, malgré ses soixante-dix-hnit ans, une montagne voisine, et chercher, à quatre inilles de distance, les adoucissements et les remè-

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des dont le pauvre malade avait besoin. Cette tendresse de cœur et ce dévouement, qui ne reculaient devant aucun sacrifice, lui méritèrent plus d'une fois les secours de Notre-Seigneur et de ses anges, lorsque toute puissance humaine semblait épuisée ; et pour dernière récompense sur la terre, le Sauveur lui révéla d'avance le jour et même l'heure précise où il rendrait doucement son âme à Dieu .

Patrignani, Menol., 21 opril., p. 202. — Na.d\si, Ann. dier. memor.^ 21 april., p. 220. — Duews, Fasti Soc, 21a april., p. 151. — Aguile- HA, Hislor. Pr ovine. Sic, t. 2, p. 289-299.

* Le vingt-et-unième jour d'avril de l'an 1593, dans la maison professe de Palerme, mourut le F. Nicolas Frinio, Coadjuteur temporel, dont le P. Aguilera n'hésite pas à dire qu'il a bien mérité de la Province de Sicile. 11 consuma toute sa vie dans les pénibles occupations de manœuvre et de maçon, et travailla à la construction de presque tous les collèges de la Province. Profondément humble et détaché de lui-même, le F. Frinio ne voulait d'autre récompense de ses fatigues que la joie de faire la volonté de Dieu, et de se sacrifier pour ses frères. Gomme les supérieurs manifestaient l'intention de reconnaître ses services par quelques égards particuliers, il s'y refusa, disant qu'il était entré dans la Compagnie, non pour être honoré, mais pour se dévouer aux plus bas offices. C'est dans le même esprit d'humilité et d'abnégation, que tout inondé de sueur au milieu des plus rudes travaux, il ne voulait aucun adoucissement : « Comment aurais-je le cœur, disait-

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