‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 201 sur 331 · XXIV AVRIL. — P. JEAN-ANDRÉ PALLAVICINO · texte numérisé non relu

XXIV AVRIL. — P. JEAN-ANDRÉ PALLAVICINO

Litter. Ann. Sociel., anno 1607, p. 67. — Nad.vsi, Ann. dier. mentor., 24^ april., p. 224. — Patrignani, Menol., 24 cy/;/*., p. 219. — Guidée, Ménologe, 24 (ht., p. 137.

Le vingt-quatrième jour d'avril de l'an 1683, mourut en odeur de sainteté à Manille le P. Jean-André Pallavicino, de l'illustre famille génoise de ce nom, digne compagnon du Vén. P. Jacques de Sanvitores dans les belles missions de Maralaya et de Mindoro, apôtre des sauvages contrées de Samboangan, que les Espagnols appelaient le théâtre des ilmes vaillantes ; Recteur de Manille et de Guvite, le rendez-vous des chrétiens et des idolâtres de toute langue ; enfin malgré ses infirmités et ses prières, Supérieur de toutes les missions et de la Province des Philippines, durant les dernières années de sa vie. De si longs et de si rudes travaux semblaient également réclamer la vigueur du corps et de l'àme, et cependant le P. Pallavicino avait quitté l'Europe avec une santé qui demeura toujours chancelante. Ni la faim, ni la soif, ni les dévorantes ardeurs du climat, ni les torrents, ni les précipices, rien n'était capable de l'arrêter. La frugale nourriture des indigènes lui semblait même trop délicate. 11 accablait son corps épuisé, de tant de flagellations, de jeûnes et de cilices, qu'on eût pu croire qu'il avait un tempérament de fer, et selon l'expression de son biographe, toute une vie de pécheur à expier. Sa pureté au sein de la barbarie était si parfaite, que dans une confession générale de quarante-trois ans, qu'il fit peu de temps avant sa mort, il déclara ingénument, malgré une conscience naturellement portée au scrupule, ne pas ressentir l'ombre d'un doute ou

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d'une inquiétude. Tous les jours depuis qu'il avait eu pour la première fois lé bonheur de monter à l'autel, il se confessait avec une très vive contrition avant le saint Sacrifice. L'opinion de la sainteté du P. Pallavicino était si ferme et si haute, que ses supérieurs lui permirent le vœu héroïque, non seulement de ne jamais commettre aucune faute vénielle de propos délibéré, mais de choisir et d'exécuter toujours jusqu'à son dernier soupir, tout ce qu'il jugerait être pour la plus grande gloire de Dieu !

Vel.vrdk, Historia de la Provincia de Philippinas, Manila, 1749, p.

Le vingt-quatrième jour d'avril de l'an 1671, mourut à Gênes, sa patrie, le P. Hippolyte Durazzo, d'une illustre famille où les traditions de la plus ardente piété s'alliaient à l'éclat de la fortune et des honneurs ; on l'appelait la famille des anges. A quatorze ans, ses cours de littérature et de philosophie terminés, Hippolyte fut envoyé à Rome où il étudia le droit et la théologie ; et à vingt-et-un ans, il reçut du pape Innocent X le titre de prélat. Mais déjà, au seuil de ce brillant avenir, le monde lui était à charge. La mort d'un de ses frères, brusquement emporté dans sa vingtième année, acheva de le désillusionner. De retour à Gènes, il ne montrait plus de goût que pour les plus humbles et les plus rebutants offices de la charité dans les hôpitaux. Sa résolution de dire adieu au monde devenait de plus en plus manifeste. Vainement on fit miroiter à ses yeux l'éclat de la pourpre, et comme il n'était pas dans les ordres, celui d'une ri-

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