XXIV AVRIL. P. HIPPOLYTE DUP.AZZO
che alliance. Ces tentatives achevèrent de le décider ; il reçut le sacerdoce, et s'arrachant à toutes les séductions, il franchit, à l'âge de vingt-sept ans, les portes du noviciat de Gênes.
Les plus douces consolations furent le prix de son sacrifice. Auprès de ces joies, « que sont, disait-il, les prélatures, et la pourpre, et toutes les grandeurs de Rome »? A voir son nom avec celui des autres novices sur le tableau près de la porte, il tressaillait d'allégresse. Occupé aux plus humbles emplois de la cuisine, il savourait avec un contentement inexprimable cette pensée qu'il n'avait rien à envier à saint François Xavier, convertissant les Indes, parce qu'il faisait comme lui la volonté de Dieu. Toutes les vertus lui étaient chères ; mais au premier rang le P. Durazzo mettait l'obéissance ; la note caractéristique de l'enfant de la Compagnie, disait-il, devrait être celle-ci : « passionné pour l'obéissance » . Il voulait que l'obéissance fût inspirée par l'amour : « Aimer par obéissance, obéir par amour », était sa devise.
Toute son ambition eût été de vivre ignoré et de se dépenser dans l'emploi le plus obscur ; mais sa vertu et ses rares qualités étaient dignes de paraître au grand jour. Il fut tour à tour professeur de philosophie et de droit canon, Maître des novices. Préfet des études. Recteur du collège de Gênes, Préposé de la maison professe de la même ville. La Providence, remarque son biographe, A'oulait le faire passer par toutes les charges de la Compagnie, pour laisser à la postérité d'admirables exemples de gouvernement. En entrant dans une fonction, son premier soin était de se tracer certaines règles particulières et certaines industries, pour s'aider à la remplir dans toute son étendue et toute sa perfection. Il n'avait en vue que le bon plaisir de Dieu : « Ne
m'enorgueillir de rien, disait-il, ni du rang, ni de la science, ni des applaudissements ; tout est vanité, hors plaire à Dieu ; et cela un frère Coadjuteur, simple, ignorant et oublié de tous, le peut faire mieux que moi ».
De cruelles douleurs de goutte vinrent de bonne heure exercer sa patience. Le P. Durazzo les accueillit comme un présent de la main de Dieu ; il y joignait de longues heures d'oraison, des jeûnes fréquents, de rigoureuses macérations. Peu h peu le mal envahit toutes les parties de son corps, sans altérer jamais sa sérénité : « 11 faut, disait-il, se consumer et mourir comme Jésus ». Dans une crise plus violente, le médecin lui demandait s'il désirait quelque chose pour calmer ses douleurs : « Rien, répondit-il, que d'aller voir mon Dieu ». Peu de temps après, les désirs du fidèle imitateur de Jésus crucifié étaient exaucés. Le P. Durazzo n'était âgé que de quarante-sept ans ; il en avait passé vingt dans la Compagnie.
Campora, Vita del P. Ippolito Durazzo.. , Genova, 1690. — Patrignani, MenoL, 24 april., p. 221 et suiv.