‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 204 sur 331 · XXV AVRIL. — P. DANIEL FARLATI · texte numérisé non relu

XXV AVRIL. — P. DANIEL FARLATI

sions, et où la croix des femmes fut portée par la marquise, sa mère, il n'y eut pas moins, assure-t-on, de quatre-vingt mille personnes.

Des hérétiques habitaient en grand nombre la Valteline et les montagnes voisines de la Suisse ; le P. Sfondrati tourna toutes ses pensées vers leur conversion. Le P. Oliva, Général de la Compagnie, bénit son entreprise, et le vaillant apôtre s'engagea résolument au milieu de ces populations, au chant des Litanies. Chose extraordinaire : il fut accueilli partout avec bienveillance et une sorte de vénération. Tout semblait lui promettre les plus heureux succès, quand Dieu l'arrêta tout à coup par une violente maladie qui le conduisit rapidement au tombeau. Le P. Sfondrati n'avait que trente-six ans et en avait passé dix-sept dans la Compagnie

Patrign.vni, Menol., 25 apr., p. 236.

* Le vingt-cinquième jour d'avril de l'an 1773, quelques mois seulement avant la suppression de la Compagnie, mourut à Padoue le P. Daniel Farlati, qui a laissé dans son Illyricum Sacrum un beau monument de sa science et de son dévouement à l'Eglise. Après les épreuves ordinaires du noviciat, de la régence et des études, il fut envoyé à Padoue pour aider le P. Philippe Riceputi, que les supérieurs avaient chargé d'écrire l'histoire des églises d'Ill3'rie. Pendant vingt ans, les deux religieux fouillèrent ensemble tous les dépôts littéraires de ce pays, et n'en rapportèrent pas moins de trois cents volumes manuscrits. Mais à peine A. i. — T. I. — G2.

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avaient-ils commencé à mettre en œuvre ces immenses matériaux, que le P. Riceputi mourut, et le P. Farlati demeura seul chargé de l'entreprise. 11 écrivit cinq volumes in-folio dont le cinquième fut publié après sa mort par les soins du P. Jacques Goleti, son continuateur.

Ce travail aurait pu suffire à l'absorber tout entier ; le P. Farlati ne laissait pas d'y joindre les autres ministères d'un ouvrier apostolique, la confession, la direction des Ames, la prédication, la visite des malades et des moribonds, et surtout celle des prisonniers. Il entourait ces pauvres gens d'une charité toute maternelle ; il les consolait, recueillait pour eux des aumônes, souvent même obtenait leur mise en liberté ; enfin il préparait à paraître devant Dieu ceux qui devaient subir le dernier supplice. Pendant plusieurs années, il fut l'inséparable compagnon du P. Antoine Contarini dans ces œuvres de miséricorde. Quelles que fussent ses occupations, il ne laissait jamais passer une semaine sans aller visiter ses chers captifs. Aussi nul d'entre eux ne pouvait se dérober à l'influence irrésistible de cette bonté, et les plus obstinés se rendaient à la fin et revenaient à Dieu.

Du reste, le P. Farlati exerçait partout cette même puissance pour le bien ; plus d'une fois, il se jeta entre des ennemis qui avaient déjà tiré l'épée, et les réconcilia. Son affabilité, son humeur douce et enjouée, son empressement à rendre service lui gagnaient tous les cœurs. A ces qualités que les hommes apprécient peut-être davantage, il joignait les vertus religieuses les plus solides, l'amour de la pauvreté et de l'obéissance, une pureté angélique, une mortification rigoureuse, une soumission entière à la volonté de Dieu, qu'il voyait et chérissait dans tous les évé-

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