‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 203 sur 331 · XXV AVRIL · texte numérisé non relu

XXV AVRIL

* Le vingt-cinquième jour d'avril de l'an 1676, mourut à Bormio, collège de la Province de Milan au pied des Alpes, le P. Paul Sfondrati, petit-neveu du pape Grégoire XIV, et frère du cardinal Sfondrati, abbé de Saint-Gall, fameux par plusieurs ouvrages savants, entre autres par sa Gallia vindicata. Paul Sfondrati fut envoyé de bonne heure au collège des Nobles de Parme, avec Jean, son plus jeune frère, qui le suivit plus tard dans la Compagnie. Par complaisance pour ses parents plutôt que par vocation, Paul entra dans l'état ecclésiastique où ses rares qualités lui promettaient les premiers honneurs de l'Eglise. D'une conduite irréprochable aux yeux des hommes, il ne laissait pas de prendre part à des divertissements qui semblaient peu en rapport avec sa profession. Il revenait, un soir de carnaval, d'une fête mondaine, et il se repaissait encore avec délices des triomphes qu'il y avait remportés auprès des dames par sa bonne grâce et son esprit, quand un inconnu l'arrête brusquement, lui met un pistolet sur la poitrine, et promenant sur son visage, pour bien le reconnaître, la lumière d'une lanterne, murmure avec dépit : « Ce n'est pas lui », puis relevant son arme, se retire d'un pas rapide. Cette rencontre, qui aurait pu se terminer d'une manière si tragique

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et le jeter brusquement dans l'éternité au sortir d'un bal, amena des pensées plus sérieuses dans l'esprit de Paul Sfondrati. Dédaignant des espérances qui tiennent à un fd si léger, il forma sur l'heure le dessein de s'attacher à des biens plus stables, et quelques semaines s'étaient à peine écoulées, qu'il allait frapper à la porte du noviciat de Milan ; il était dans sa dix-neuvième année.

Cette ferveur ne s'attiédit pas avec l'impression qui l'avait fait naître. Pleinement désabusé du monde, Paul Sfondrati tourna toutes ses pensées vers Dieu, les âmes et les intérêts éternels. Telle était l'ardeur avec laquelle il travaillait à sa perfection, que les religieux les plus anciens le considéraient déjà comme leur maître dans les voies spirituelles. Le caractère propre de sa vertu fut l'amour des âmes. Simple Scolastique encore, c'était son bonheur pendant les vacances d'accompagner les missionnaires dans leurs courses apostoliques. Nommé Recteur du collège de Gôme, même avant d'avoir fait sa profession, il consacrait aux œuvres de zèle tout le temps dont il pouvait disposer, et bientôt on ne parla plus dans la ville que du saint Recteur de Gôme. A l'époque des vacances, il se donnait plus largement carrière, et recueillait partout de grands fruits. Des grâces réputées miraculeuses ajoutèrent plus d'une fois leur autorité à celle de sa parole. Enfin les supérieurs le déchargèrent des soucis du gouvernement, et il put suivre en liberté les mouvements de son zèle. La Valteline, les comtés de Bormio, de Chiavena, furent tour à tour le théâtre de ses prédications ; les peuples, attirés par le bruit de sa vertu, accouraient de toutes les campagnes environnantes pour l'entendre. A la procession de pénitence qui termina l'une de ses mis-

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