‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 212 sur 331 · XXX AVRIL · texte numérisé non relu

XXX AVRIL

Le trentième jour d'avril de l'an 1593, mourut empoisonné par les infidèles dans la ville d'Arima, le P. Joseph Furlanetti, Vénitien. 11 évang'élisait depuis quinze ans diverses provinces du Japon ; mais les îles du royaume de Goto, et particulièrement le voisinage des immenses fournaises qui servaient à la préparation du sel pour une grande partie de l'empire, avaient été le plus beau théâtre de son zèle. En une seule terre, il avait converti jusqu'à deux mille idolâtres en une fois. De nombreuses chrétientés, où la plus astucieuse persécution ne laissait plus pénétrer aucun missionnaire depuis neuf ans , venaient de refleurir par ses soins et donnaient déjà les plus heureux fruits, lorsque les sectateurs des idoles parvinrent à l'empoisonner. Durant une année entière, le P. Furlanetti porta la mort dans ses entrailles, et ne cessa de ressentir les plus cruelles douleurs. Mais en cet état, non content d'endurer ses souffrances avec une admirable résignation, il invitait encore ses néophytes à se réunir tous les jours auprès de son lit, pour qu'il pût les affermir dans la foi et dans la piété ; et ces pauvres gens assuraient dans la suite n'avoir jamais entendu de si vives et si salutaires exhortations. A. I. — T. I. — 64. 505

b06 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

Le P. F'urlanetti n'était âgé que de quarante-quatre ans ; il en avait passé vingt-deux dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 30 april., p. 285. — Nadasi, Ann. dier. memor., 30» april., p. 235. — Drews, Fasti Soc. Jes., 30* april., p. 164. — Ginharo, Saverio orientale, part. 2, v. 38, p. 294 et suii'. — Bartoli, Jl Giappone, l. 2, p. 349. — Alegambe, Mortes illustres, p. 163. — Char- LEVOix, Histoire du Japon, t. 3, p. 432.

Le trentième jour d'avril, à Plaisance, mourut en 1707 le jeune F. Louis Costa, novice. Agé de seize ans, vainqueur depuis quelques jours à peine des obstacles qui s'opposaient à son entrée dans la Compagnie. Les bénédictions divines l'avaient prévenu dès son enfance ; et tout en croissant au milieu des plus riantes espérances du monde, il avait choisi pour modèle et sauvegarde de son angélique pureté saint Louis de Gonzague, son patron, et la très sainte Mère de Dieu. Son ardeur à se vaincre et à braver le respect humain , si puissant d'ordinaire sur les enfants, ne reculait pas même devant d'héroïques sacrifices.

Quand il vit, à l'âge de quinze ans , qu'il ne pouvait de longtemps espérer la liberté de suivre sa vocation, il résolut de faire violence au ciel, et d'acheter comme saint Louis de Gonzague, au prix de son sang, la grâce que son père et sa mère lui refusaient. Il commença donc à se flageller trois fois par jour, aux heures que les occupations ou le sommeil de sa famille lui faisaient juger les plus favorables ; mais malgré toutes ses précau-

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