XXIX AVRIL
Dans les derniers jours du mois d'avril de l'an 1676, mourut saintement en (Ihine dans la résidence de Pékin, le P. Jacques Rho, fils du célèbre jurisconsulte Alexandre Rho, Milanais. Son zèle des âmes et ses rares connaissances mathématiques l'avaient fait choisir pour accompagner en Chine le P. Nicolas Trig-ault, venu en Europe chercher de nouveaux apôtres. Avant même d'arriver au terme de son voyage, le jeune mathématicien rendit à sa mission et à la monarchie portugaise un service de premier ordre, en contribuant plus que tout autre à sauver le séminaire et \a ville de Macao. Cette place passait pour imprenable des trois côtés que baignait la mer, mais le quatrième était à peu près sans défense. Une flotte hollandaise venait de mettre à terre tout un corps d'armée qui dès le premier choc s'était emparé des ouvrages extérieurs et se préparait à donner l'assaut. Le massacre ne devait épargner que les femmes, destinées aux derniers oui rages, et les enlants au dessous de cinq ans, hors d'état de se rappeler la religion dans laquelle ils étaient nés. A la vue d'une si pressante extrémité, le P. Rho traça le plan, et pressa en loiilc hâte l'élévation d'un nouveau rempart qu'il fit armer de quatre pièces d'artillerie ; le feu fut si habilement dirigé, que dès les premières vo-
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lées, les assaillants furent mis en désordre ; une sortie vigoureuse, dirigée par quinze ou vingt de nos Pères et Frères, acheva de déconcerter les Hollandais et les rejeta dans leurs vaisseaux.
A la cour de Pékin, Rho se signala par un autre genre de services plus pacifiques, mais non moins estimés de l'empereur et des mandarins. La réforme du calendrier fut en grande partie son ouvrage ; le P. Adam Schall en partagea seul la gloire avec lui. Tourmenté dans la tieur de làge par de violentes douleurs de goutte qui lui permettaient à peine de faire sans douleur un seul pas. « .le demande seulement à Notre-Seigneur, écrivait-il, de me laisser jusqu'à la fin le libre usage de mes mains et de ma langue, pour que je ne cesse, qu'en cessant de vivre, d'annoncer sa loi sainte, et d'écrire pour sa plus grande gloire sur les sciences ou la religion ». Les honneurs funèbres rendus par les mandarins et par le peuple à la dépouille mortelle de ce grand homme, se prolongèrent près de quinze jours. Les premiers personnages de l'empire réclamèrent son portrait comme celui d'un des plus illustres successeurs du P. Ricci.
CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, part. 6*, /. 13, n. 217, p. 23.5 ; l. 14, n. 247, p. 413. — Patrignani, Menol.^ 28 april., p. 262. — Nadasi, Ann. dier. memor., 27» april., p. 231. — Drews, Fasti Soc. Jes., 27=" april., p. 160. — Bartoli, La Cina, l. 3, p. 744, 783 ; l. 4, p. 1094 et suiv. — SoTUELLus, Biblioth., p. 384. — de Backer, Biblioth.., 1" édil.^ t. 5, p. 618. — Pfister, Notices biogr. et bibliogr., n. 48. — Biogr. univers.