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reprises au moins, il fut arraché des bras de la mort par sa puissante intercession ; dans une horrible tempête qui avait obligé, pour alléger le navire, à jeter les marchandises à la mer, il fut sauvé avec tout l'équipage à l'invocation de son nom, et en mettant pied à terre, il trouva apporté par la vague, un petit tableau qui le représentait, seule épave échappée au naufrage. En toute circonstance, il exhortait les fidèles à l'honorer, et il aimait à distribuer ses images. Après la suppression de la Compagnie, pouvant disposer de quelque argent, ses libéralités ne firent que s'accroître ; il aurait voulu en répandre autant que l'infatigable apôtre avait régénéré d'infidèles dans les eaux du saint baptême.
Une autre dévotion du P. Calvi était celle [de la très sainte Vierge. Régent au Collège Romain, compagnon du P. Trento dans les missions du diocèse de Pistoie, directeur de la maison de retraite à Malte , partout il propagea le culte de la Mère de Dieu ; entre autres pratiques, il recommandait celle de consacrer tout le mois de mai à cette auguste Reine des Anges. Il n'est pas douteux que cet apostolat, exercé dès la première moitié du dix-huitième siècle, n'ait contribué à l'établissement et à la diffusion d'une dévotion encore à ses débuts, et qui devait prendre plus tard un si merveilleux essor.
Mais c'est au Cœur de Jésus que le P. Calvi se dévoua surtout sans aucune réserve. Peu d'hommes ont répondu avec plus de zèle et d'empressement à la mission confiée par Notre-Seigueur à la Compagnie. Son temps, son influence, sa plume, sa parole, plus tard sa fortune quand il put en user, il donna tout ce qu'il avait. On peut dire qu'il lui revient une grande part dans A. I. — T. I. — 65.
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le succès des démarches qui amenèrent enfin en 176S l'approbation canonique par le Souverain Pontife Clément XIII, de la messe et de l'ofTice spécial du Cœur de Jésus.
La Compagnie, battue de toute part en brèche par la persécution, se tournait alors avec angoisse vers son divin Chef, et c'est à son Cœur, on le sait, qu'elle demandait secours et consolation. Or l'image devant laquelle se faisaient les supplications dans l'ég'iise du Gesù, avait été retouchée par un peintre romain, sur les instances du P. Calvi ; nulle ne nous semble plus touchante. L'homme de Dieu en fit tirer des copies et les répandit jusqu'aux extrémités du monde, au Tonkin, en Chine et en Amérique. Il ne se bornait pas à ces témoignages d'amour. Il composait lui-même des cantiques et de pieux exercices en faveur de sa dévotion chérie ; il stimulait le zèle de ses amis et les engageait à écrire sur le même sujet ; il obtenait des indulgences et d'autres grâces spirituelles pour les personnes qui voudraient l'embrasser ; il l'établissait dans plus de cent cinquante diocèses ou abbayes ; enfin, plus tard, retiré à Bologne, après la suppression de la Compagnie, il formait un pieux musée où l'on voyait réuni tout ce qui se rapporte au culte du Cœur de .lésus, livres en différentes langues, médailles, tableaux.
Le P. Calvi recueillit lui-même le premier les bénédictions promises par Notre-Seigneur aux âmes dévouées à son Cœur ; il s'éleva rapidement à une très haute perfection. Les vertus de pauvreté, d'obéissance, de mortification, d'union à Dieu brillaient en lui avec éclat ; les grâces extraordinaires elles-mêmes ne lui firent pas défaut; on le vit en extase, élevé de terre pendant ses oraisons; la prochaine suppression de la Compagnie paraît lui avoir été ré-
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vélée. Faisant, suivant l'usage, l'exhortation spirituelle aux Nôtres la veille de la fête de saint Ignace, le 30 juillet 1773, quelques jours avant la publication du Bref de Clément XIV, il prit pour sujet de son entretien la manière dont il convenait de se comporter dans une si terrible épreuve, afin de répondre aux desseins de Dieu. Pour lui, il ne voulut rien changer aux habitudes de sa vie humble et mortifiée. 11 mena dans le monde la vie d'un religieux, et s'éteignit, riche de mérites, entouré de la vénération de toute la ville de Bologne, à l'âge de soixante-quatorze ans.
Termanini, Vùa e virtii del sacerdote Domenico-MariaSaverio Calvi. . . , Parma, 1796. — Abrégé Ms. de la même Vie (Archiv. Rom.}. — J. Terrien, Histoire du P. de Clorivière, Paris, 1891, liv. 2, ch. 1, p. 125, Note.