‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 22 sur 331 · XIII JANVIER. P. DANIEL BARTOH. O · texte numérisé non relu

XIII JANVIER. P. DANIEL BARTOH. O

fication et par l'oraison, à laquelle il consacrait de longues heures chaque jour, produisit les plus heureux fruits. Un des points sur lesquels il aimait le plus à insister dans ses exhortations aux Pères du collège, c'était l'estime et l'amour de notre vocation. Pour s'assurer la persévérance, nul sacrifice, disait-il, ne devait coûter, et les plus grandes difficultés ne devaient apparaître que coninie une paille légère.

Le P. Tommasi, sentant ses forces faiblir, denuinda la grâce de passer ses derniers jours au noviciat de Saint-Ignace; et c'est là, au milieu de ces jeunes gens dont la modestie et la ferveur le ravissaient de joie, qu'il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, dont il avait passé quarante-huit dans la Compagnie.

Pathignani, MenoL, 13 Genn. , p. il7.

* Le treizième jour de janvier de l'an 1683, mourut dans la maison professe de Rome le P. Daniel Bartoli, de Ferrare, l'un des écrivains, qui au jugement des critiques, ont fait plus d'honneur à la littérature italienne. Après de brillantes études au collège de la Compagnie, il vint, à l'âge de moins de seize ans, se présenter au noviciat de Saint-André à Rome. Les nouvelles des missions des Indes et du Japon ; le récit des travaux, des combats et du martyre des apôtres de ces contrées, excitaient alors de toutes parts, parmi les enfants de saint Ignace, une généreuse émulation de zèle et de dévouement ; chacun voulait aller prendre sa pari de fa-

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ligues dans ces lointaines contrées. Treize années de suite jusqu'à son sacerdoce, le P. Bartoli renouvela ses demandes auprès du Père Général dans des lettres admirables : « Là où les dangers sont plus grands, écrivait-il, les occasions plus nombreuses de souifrir, d'expirer de misère ou dans les tourments, au Japon, en Angleterre, en Chine, au Mogol ; c'est là que je désire aller». Mais le P. Mutins Vitelleschi découragea entin ses instances, et assigna l'Italie pour champ d'exercice à son zèle. Le religieux inclina la tête avoc humilité, et après quelques années de régence, il entra dans la carrière apostolique. 11 prêcha tour à tour avec une grande réputation et des succès extraordinaires, à Ferrare, sa pairie, à Gênes, à Lucques, à Florence et à Rome ; il était prêt à consumer toute sa vie dans ce noble et fécond ministère de la parole, quand la vue des maux que causait à la jeunesse la lecture (les romans, lui inspira son premier livre, L Homme de lettres. Cet ouvrage fut accueilli avec de grands applaudissements, et chose peu commune à cette époque, l'année même de sa publication, il eut huit éditions différentes, et fut traduit en français, en allemand et en anglais.

Ce succès décida de la vocation d'écrivain du P. Bartoli. 11 avait alors près de quarante ans. Après quelques nouvelles stations de carême données à Palerme, à Naples et à Malte, le P. Vincent CarafFa le lit venir à Rome, et lui conlia le soin d'écrire en italien l'histoire de la Compagnie. Le P. Bartoli se mit à l'œuvre avec ardeur ; mais il n'eut pas le temps de conduire jusqu'à son terme cette grande entreprise, en tête de laquelle il voulut placer comme préambule et comme magnifique introduction, la vie de notre saint Fondateur. A ce travail principal, il en ajoutait comme en

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so jouant, une imiltittulo «l'iiiitrc^s, sur des sujets de piélé, de science et de littérature, dont cii peut voir le détail dans la Bibliothèque de nos Ecrivains.

Mais le V. Bartoli se souvenait avant tout qu'il était religieux. Son exactitude aux exercices de communauté, lisons-nous dans uncî de ses notices, k est demeurée en mémoire de bénédiction » à la maison professe ; jamais il n'omit un seul de ses exercices de piét('>. Après cinq heures de sommeil, il commençait son oraison, dans laquelle il puisait Ao grandes lumières et goûtait les sentiments d'une dévotion très affectueuse. Celui qui lui servait la messe, ne pouvait se lasser il'admirer avec quelle tendre dévotion il la célébrait. Sa bonté, sa facilité aimable et la douce sérénité qui brillait sur son visage, lui donnaient une grâce particulière pour consoler les Ames les plus aflligées. Toujours infatigable au travail malgré les années, il se proposait de mettre la main à un ouvrage très étendu sur des matières philosophiques, lorsque dans la distribution des Saints du mois, il reçut cet avertissement : « Faites en sorte que la mort vous trouve dans une occupation sainte ». 11 changea aussitôt de dessein, et écrivit le livre de piété qui a pour titre Pensieri sacri, pressentant que ce serait le dernier ouvrage qui sortirait de sa plume ; et en eflet, il venait à peine d'en corriger les dernières épreuves, qu'il rendit pieusement son àme à Dieu, à l'àgo de soixante-dix-sept ans, dont il avait passé soixante-deux dans la Compagnie. •

Bahtoli, Opère \>arie, Venezia, 1716. Une notice est en tète du 1" volume ; voir aussi l'édition des œuvres de Bartoli, par Marietti, Torino,

MENOLOGK S. J. ASSISTANCE D ITALIE.

1825-56. — P.vTRiGNANi, Mcnologio, VS Genn.. p. 119. — Sotuellus, Biblioth. Scriptor. Soc. /., p. 164. — Boebo, Commenlario délia vita e délie opère del P. Dan. Bartoli. Bologna, 1865. — Sommeiivogel, Biblioth. de la Compagn. . . , t. \, p. 965 et suiv. — Felle», Dictionn. historiq. au mot Bartoli, et les autres Dictionn. — Chétineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Jésus, Bruxelles, 1851, /. 4, p. 261. — Drkws, Fasti Soc. Jes., 13a jan., p. 17.

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