‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 227 sur 331 · VII MAI. — P. PAUL ACHILLE · texte numérisé non relu

VII MAI. — P. PAUL ACHILLE

excellence d'un gouvernement paternel, d'autant plus efficace, au témoignage de tous ses historiens, qu'il était plus patient et plus doux. Bien des fois, dit le P. Alberti, pour choisir l'heure favorable de corriger un de ses inférieurs, il sut attendre un mois entier ; sauvant ainsi la vocation de plusieurs, et les amenant comme sans effort à l'expiation de leurs moindres fautes. On ne lui faisait qu'un seul reproche, celui qu'on fait d'ordinaire aux saints ; c'était de se traiter lui-même avec une rigueur excessive, et on lui désigna dans sa vieillesse, un Frère Coadjuteur, son compagnon, sans la permission duquel il ne devait plus faire aucune pénitence.

Ce digne enfant de saint Ignace obéissait à la lettre. C'était aux pieds de son crucifix ou du saint tabernacle, que le P. Paul Achille apprenait ce grand art d'obéir et de commander. Un des Nôtres chargé pendant environ dix-huit mois de lui rendre quelques services, assurait n'être pas entré une seule fois dans sa chambre sans le trouver à genoux priant. Souvent il descendait le soir à l'église, afin d'}- adorer Notre-Seigneur pendant le sommeil de ses frères, et il semblait ne pouvoir s'en éloigner. 11 recevait d'ordinaire au saint Sacrifice des grâces inefïables ; plusieurs personnes, très dignes de confiance, déclarèrent avoir vu dans ses mains le divin Enfant Jésus qui le caressait tendrement. La vie de ce saint homme est pleine d ailleurs de telles merveilles. Après sa mort, il apparut à plusieurs reprises couronné d'une gloire incomparable ; il vint consoler, à ses derniers moments, un Frère Coadjuteur qui lui avait rendu quelques bons offices ; il descendit encore du ciel une autre fois pour s'entretenir avec le P. Castelli, et lui déclara que de son lit de mort, il était entré sur-

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le-champ dans la gloire des bienheureux, sans passer par le purgatoire.

Orlandinus, Histor. Soviet. Jesu, l. 2, ii. 78, p. 60 ; l. 4, n. 53. p. 117 ; l. 5, n. 42, p. 155 ; /. 11, n. 28, p. 344. — Sacchinus, Hislor. Societ. Jesu, > pan., l. 4, n. 158, p. 176. — Id., Op. cit., 5a part., l. 6, n. 17, />. 280. — Litter. ann. Societ., anno 1586, p. 53. — Pa.tri- GNANi, MenoL, 7 magg., p. 36. — Nadasi, Annus dier. memorab., 7a /»a«, /j. 250. — Drews, Fasti Societ. Jes., 7* maii, p. 174. — Alberti, Istor. délia Provinc. di Sicil., l. 6, cl, p. 543 et suiv. — Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 1, p. 48, 173, 256 seqq. — Rho, Variae virtut. Histor., p. 85, 220, 568, 791.

Le septième jour de mai l'an 1604, mourut à l'âge de vingttrois ans, le P. Coadjuteur Silvestre Grosso, novice de la Province de Sicile, massacré pendant son sommeil, au milieu des bois, à peu de distance de Girgenti. Sur un ordre du P. Claude Aquaviva, la Compagnie venait de quitter cette ville, où quatre années de fallacieuses promesses avaient retenu jusqu'alors quelques-uns de nos Pères et Frères destinés à la fondation d'un collège. Mais pour éviter tout mouvement populaire, ils devaient dérober autant que possible leur départ à la connaissance des habitants. Sylvestre Grosso resté seul, par obéissance, pour mettre dans la maison l'ordre et la propreté convenables, avant d'en rendre les clefs, avait consacré toute la nuit précédente à ce travail. Le jour venu il ne s'était éloigné de la ville qu'après avoir reçu, avec une grande ferveur, les sacrements de pénitence et d'eucharistie. Un muletier s'offrit à lui servir de guide, et comme il en fît plus

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