VII MAI. — F. SYLVESTRE GROSSO
tard l'aveu, la sainte conversation du bon Frère, durant le voyage, aurait bien dû lui changer le cœur. Mais soupçonnant que son compagnon emportait avec lui le trésor secret des Jésuites, il l'invita vers le milieu du jour à prendre quelques moments de repos dans une forêt. Le F. Grosso accepta. Il était à peine endormi, que le misérable s'armant d'une énorme pierre lui brisa la tète. Le novice se sentant défaillir, porta vivement la main à sa poitrine, en tira une sainte image, qu'il baisa avec amour et rendit presque aussitôt le dernier soupir, en invoquant les noms sacrés de Jésus et de Marie.
Le lendemain, les chiens d'un chasseur découvrirent son corps tout sanglant, caché sous un amas de broussailles. Quatre jours après, la ville de Girgenti lui fit de magnifiques funérailles, regardant comme un témoignage des vertus et de la gloire du bon Frère, la fraîcheur et la beauté surnaturelle de son visage mutilé. Mais déjà, lorsque la première nouvelle de ce meurtre fut parvenue au collège de Bivona, sans que le nom de la victime eût encore été découvert, le F. Grosso s'était montré glorieux au P. Vincent Marotta : « Je ne m'étonnai pas, dit celui-ci, que Notre-Seigneur l'eut admis si promptement à la récompense des bienheureux dans le ciel ; car c'était véritablement un ange, qui ne savait parler que des choses célestes, et dont toute la joie ici-bas était de se fatiguer pour Dieu » !
Litter. Afin. Soc. Jes., ann. 1604, p. 8. — Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 1, /}. 458 serjy., i. 2, p. 431.