‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 232 sur 331 · X MA · texte numérisé non relu

X MA

Le dixième jour de mai, de l'an 16b9, mourut à Sciacca, en Sicile, le P. Ignace Balsamo, laissant un admirable exemple de soumission aux ordres les plus pénibles et d'invincible charité. Il passait pour un des meilleurs prédicateurs de la Sicile, et jouissait depuis bien des années d'une brillante réputation, lorsque de violentes dissensions éclatèrent dans la ville de Messine. Un de nos Pères crut alors devoir l'accuser de paroles imprudentes ; et son Provincial, par une rigueur peut-être exagérée, le priva aussitôt de toute voix active et passive, et l'envoya passer le reste de ses jours comme en exil au collège de Sciacca. L'humble religieux se soumit sans murmurer, mais non sans ressentir au plus profond de l'âme l'amertume de cette terrible épreuve. Sur son lit de mort, pour montrer combien il était éloigné de tout sentiment de vengeance, il demanda que ses écrits et les différentes choses qu'il avait eues à son usage fussent remis de sa part en témoignage de bienveillance, à celui-là même qui avait eu le malheur de l'accuser. Il était âgé de cinquante-six ans et en avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.

542 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 763. — Sommervogel, Bi~ blioth., t. I. p. 854. — Mongitore, Biblioth. Sicula, t. 1, p. 309.

* Le dixième jour de mai de l'an 1607, mourut au collège de Barletta, dont il était Recteur, le P. Jérôme Filingieri, après trente années de vie religieuse. Toutes les vertus lui étaient chères ; mais il s'attacha de préférence à cette leçon du Sauveur : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur «. Il la comprit si bien et la fit entrer si profondément dans toute sa conduite, que sa mansuétude et son humilité étaient devenues proverbiales, et qu'on lui avait donné le nom d'homme sans fiel, incapable du moindre ressentiment. Près de mourir, le P. Filingieri s'excitait lui-même à la confiance en répétant avec une douce joie ces paroles de son Sauveur : « Beau miséricordes, quoniani ipsi misericordiam consequentur. Bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront eux-mêmes miséricorde «.

S\NTAGA.T\, Istor. dclld Provitic. di Napoli, t. 3, p, 282.

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