‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 236 sur 331 · XI MAI. — P. MATHIEU RICCI · texte numérisé non relu

XI MAI. — P. MATHIEU RICCI

de réussir. Mais presque aussitôt, de fausses rumeurs habilement répandues contre les missionnaires, les obligèrent à s'éloigner Le P. Ricci ne perdit pas courage. Il avait l'assurance que ses efforts seraient couronnés de succès. Car au milieu des plus cruelles épreuves, naufrages, emprisonnements, exils, et douleurs telles « que le plus long martyre, au dire d'un de ses historiens, lui aurait épargné bien des souffrances », Notre-Seigneur lui avait fait entendre un jour des paroles semblables à celles qu'il avait adressées autrefois à notre Bienheureux Père : « .Je vous serai favorable ». En attendant la réalisation de ces promesses, le P. Ricci ne s'épargnait pas : il prêchait l'Evangile, fondait des chrétientés dans des villes importantes, composait des ouvrages qui étonnaient les lettrés eux-mêmes.

Cependant il venait d'être nommé Supérieur général de la mission de Chine. Il reprit alors son projet de voyage à Pékin, et put enfin se fixer dans la cité. L'empereur, ravi de ses présents, lui fit même offrir une pension pour sa subsistance. L'œuvre d'évangélisation prit dès ce moment un plus rapide et plus large essor. De brillantes conversions eurent lieu jusque dans le palais de l'empereur; de ce nombre fut celle du célèbre Paul Siù, ministre d'Etat. De Pékin, le P. Ricci dirigeait tous les ouvriers apostoliques ; il était lui-même le plus actif et le plus infatigable. Instruire les catéchumènes et les infidèles, former les néophytes, étaient ses occupations de chaque jour. 11 se livrait en outre à la composition d'ouvrages considérables, recueillait par ordre du Père Général des Mémoires sur les diverses missions qu'il avait fondées, surveillait et dirigeait la construction d'une grande église. Ces travaux, sa correspondance incessante, ses relations assu-

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jettissantes avec la cour, tant de préoccupations diverses et de sollicitudes épuisèrent rapidement ses forces. Après une courte maladie, il rendit saintement son Ame à Dieu dans la cinquantehuitième année de son âge et la trente-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Ses funérailles furent un triomphe pour la religion. L'empereur assigna pour le lieu de sa sépulture une pagode entourée d'un magnifique enclos ; les principaux lettrés, présents à la capitale, se firent un devoir. d'assister aux obsèques du docteur européen ; les chrétiens portèrent le corps de leur père, en procession et la croix haute, sans craindre d'étaler ce signe de salut à la vue des infidèles, au travers de la grande ville jusqu'à une lieue de distance. C'était moins une cérémonie funèbre qu'une pompe triomphale et la glorification du christianisme dans la capitale de l'empire chinois.

JuvENCius, Hîstor. Soc. Jes., part. 5^, l. 19, n. 13, p. 532. . . n. 26, p. 550 seqq. — Trigault, De christiana expeditione apiid Siiias. . . — Bartoli, La Cina, l. 1, p. 160 et suiv. ; l. 2, p. 183 et suiv. — d'Orléans, La Vie du P. Matthieu Ricci. — Charles de Sainte-Foi, Vie du R. P. Ricci, apôtre de la Chine. — Carayon, Bibliographie histor., n. 812, 817, 819. 820, 821, 831, 844, 2493 et suiv. — du Jarric, L'Histoire des choses plus mémorables advenues . . . ez Indes orientales. . . — Semedo, Historica relatione délia Cina, 2a part., c. 1-6. — Patrignani, Menai.., 11 magg., p. 66. — Nadasi, Ann. dier. memor., Il* maii, p. 260. — Drevvs, Fasti Soc, 11* maii, p. 180. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 2, p. 588 et suiv. — Sotuellus, Biblioth., p. 597. — de Backer, Biblioth., ï" e'dit., t. 5, p. 621. — Pfister, Notices biogr. et bibliogr.,

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