XI MAI. — P. JEAN-FRANÇOIS ARALDO
Jeanne di Alessanclro. Quand le pape Pie V eut confié à la Compagnie la pénitencerie de Saint-Pierre, le Père Général, saint François de Borgia, le nomma pénitencier pour la langue italienne. Au bout de sept ans, le P. Araldo revint à Naples et s'y consacra à toutes les œuvres apostoliques. 11 choisit pour théâtre principal de son zèle les quartiers les plus pauvres et les plus populeux de cette grande ville. Les pécheurs, si obstinés qu'ils fussent, ne pouvaient résister aux efforts de sa charité ; il les arrachait à l'enfer, au prix de luttes acharnées. Dieu seconda plus d'une fois ses efforts par des prodiges. Avec une relique de la vraie croix, il délivra des possédés, convertit des mahométans, apaisa subitement une tempête furieuse.
Deux années avant sa mort, le P. Araldo fut condamné par la maladie à une inaction que sa conformité à la volonté de Dieu put seule lui faire agréer sans murmure ; en même temps d'étranges scrupules vinrent l'assaillir et le bouleverser avec une violence qui semblait par moments lui enlever le libre usage de sa raison ; mais dès que le calme renaissait, il multipliait les plus touchants colloques avec Notre-Seigneur, la sainte Vierge et les saints, et s'oifrait comme une victime à tout ce qu'il plairait à Notre-Seigneur de lui faire souffrir. 11 mourut dans la soixante-etonzième année de son âge et la quarante-huitième depuis son entrée dans la Compagnie.
Litter. ann. Societ., anno 1599, p. 85. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, p. 39 et suiv., 55, 235 et suiv. ; t. % p. 365 et suiv. — Patrignani, Menol., M magg., p. 61. — Sotuellus, Biblioth., p. 450. SOMMERVOGEL, BlbUo/i., t. 1, p. 496.
ASSISTANCE D ITALIE
Le onzième jour de mai de l'an 1610, le P. Mathieu Ricci mourut à Pékin, trois ans jour pour jour après le P. Michel Ruggieri, son compagnon d'apostolat. Il était né à Macerata, l'année même où François Xavier, expirant en face des rivages de la Chine, demandait à Dieu d'envoyer des apôtres à ces immenses régions plongées dans les ténèbres de l'infidélité. Au noviciat de Saint-André à Rome, il eut pour Maître le P. Alexandre Valignani, qui lui inspira son zèle pour la propagation de la foi ; il suivit ensuite les leçons de l'illustre P. Clavius, et à son école, il acquit dans les mathématiques et l'astronomie des connaissances qui lui furent plus tard d'un grand secours, pour s'insinuer dans l'esprit des Chinois, et les préparer à recevoir la bonne nouvelle. Parti de bonne heure pour l'Orient, il termina ses études théologiques à Goa, et bientôt après, sur l'ordre de son ancien Maître des novices, Visiteur de toutes les missions de la Compagnie en Orient, il se rendit h Macao pour y attendre une occasion favorable de pénétrer dans le Céleste-Empire.
Elle ne tarda pas à se présenter. Le P. Ricci avait alors trente-et-un ans. En compagnie du P. Ruggieri, il se fixa à Tchao- King. Presque aussitôt sa réputation de savant s'étendit au loin. Les lettrés se faisaient un honneur de le visiter et d'entretenir avec lui des relations d'amitié. Quelques familles considérables se convertirent à la foi, et le noyau des néophytes grossit même assez pour qu'on pût organiser le culte catholique. Mais l'ambition du P. Ricci était de pénétrer jusqu'à Pékin, et d'y établir le centre de son apostolat. Plusieurs tentatives demeurèrent infructueuses. Il revint à la charge avec le P. Cattaneo, et eut enfin le bonheur