XII MAI
Le douzième jour de mai de l'an 1660, mourut dans la maison professe de Palerme le P. Bernardin Bonici, religieux également aimé de Dieu et des hommes, et proposé par les historiens de la Sicile comme un modèle des supérieurs de la Compagnie. 11 avait pour maxime, qu'un des plus sûrs moyens de conserver intacte la discipline religieuse, était de veiller et de subvenir paternellement aux besoins de ses inférieurs. Cette charité, disait-il, est très efficace, même pour inspirer aux jeunes gens l'amour de la pauvreté volontaire et la libéralité de cœur envers Dieu, surtout quand on leur en donne l'exemple ; tandis que la parcimonie ou la négligence à leur égard, détruit tout sentiment filial, et rend chaque nouvelle privation très pénible. Aussi trouvant à Palerme un cuisinier, qui sous prétexte de pauvreté, s'acquittait par trop sordidement de son office, après plusieurs avertissements paternels, demeurés sans effet , il lui rapporta un jour de ses propres mains, à la cuisine, une des portions servies au réfectoire, en lui demandant s'il croyait que la Compagnie voulût ainsi nourrir ses enfants, et le déposa de son office dès le lendemain.
Le P. Bonici n'était pas moins large et moins libéral à l'égard des pauvres. En temps de disette, il en nourrissait chaque jour