‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 239 sur 331 · XII MAI. — P. BERNARDIN BONICI · texte numérisé non relu

XII MAI. — P. BERNARDIN BONICI

plusieurs centaines à la porte du collège ; on eut plusieurs fois lieu de croire que Dieu, par une multiplication miraculeuse d'argent ou de blé, l'aidait à redoubler ainsi ses aumônes. Cependant quelques misérables profitèrent une fois de la famine générale pour exciter le peuple au pillage, sans respecter les maisons religieuses ; déjà même une bande nombreuse marcbait sur la maison professe pour saccager les trésors de l'église. Le P. Bonici, à cette nouvelle, réunit toute sa communauté au pied du saint Sacrement, pour supplier Notre-Seigneur de ne pas permettre un tel sacrilège. Or pendant qu'il était en prière, sans aide ni espérance d'aucune intervention humaine, les pillards qui se préparaient à briser les portes, se dissipèrent subitement comme repoussés par la main de Dieu.

Il observait d'ailleurs à la lettre la recommandation de saint Ignace à tous les supérieurs de la Compagnie, de soutenir en quelque sorte sur leurs épaules, par la prière et les saints désirs, la maison dont le soin leur était confié. Chaque jour il consacrait de longues heures à l'oraison, le cœur ravi en Dieu. La Reine du ciel était son refuge assuré dans tous ses périls. Il avait coutume de se préparer à ses fêtes en jeûnant, au moins la veille, au pain et à l'eau ; ce fut par ses soins que la Province de Sicile honora depuis lors chaque année, avec un éclat nouveau, l'Immaculée Conception. Aussi, peu de temps avant sa mort, Notre-Dame apparaissant un jour à la célèbre Remigia Scammaca, l'une des plus saintes femmes de Catane, lui montra dans une admirable vision son serviteur, qu'elle connaissait à peine, et lui dit: « Vois celui-ci, Remigia, c'est l'un de mes plus chers clients. Bernardin Bonici, que j'appellerai très prochainement près de moi, et dont moi-même

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je descendrai chercher l'àme à sa dernière heure». Et peu de jours après, la courte maladie et la sainte mort du bon vieillard firent bien voir en effet que cette promesse n'avait pas été une illusion.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 77.") scqq. — Summar, vit. P. Bernardini Bonniccii^ Ms. ( Arc/i. Rom. i.

* Le douzième jour do mai de l'an 1630, à Parme, le P. François Gherardi alla recevoir la récompense de son héroïque dévouement au service des pestiférés. Entré au noviciat de Novellara à l'âge de seize ans, il avait fait concevoir aussitôt les plus belles espérances ; telles étaient sa piété, sa modestie, son exactitude h toutes les observances, que ses compagnons lui avaient donné le surnom d'ange. Les qualités de son esprit n'étaient pas moins brillantes, et la Province de Venise avait droit d'en attendre de grandes choses pour la gloire de Dieu.

Ordonné prêtre à l'âge de trente ans, le P. François Gherardi eut la consolation de célébrer sa première messe dans la sainte chapelle de Lorette. Pendant qu'il savourait avec transport ces prémices de son sacerdoce, la nouvelle se répandit tout à coup que la peste venait d'éclater à Parme ; déjà les communications avec les villes voisines' étaient coupées. Aussitôt plein du désir de s'immoler en union avec la sainte Victime, il s'arrache de vive force aux embrassements et aux larmes des siens, qui voulaient le retenir, et courant à Parme, il conjure à deux genoux le Père Provincial de lui permettre de se dévouer au service des malades. Mais

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