XIV MAI. — F. STANISLAS-MARIE PILO
dans l'épaisseur des bois, il y demeurait seul une grande partie du jour à lire, à méditer et à prier. En même temps, il se livrait secrètement à de grandes austérités pour faire violence au ciel, semait son lit d'éclats de bois, et se déchirait le corps avec différents instruments de pénitence. Enfin ses vœux furent exaucés, et à l'Age de quinze ans, il obtint d'entrer au noviciat. Gomme l'obéissance ne lui permit plus de se maltraiter librement, il y suppléa par un redoublement d'humiliations. Quelques jeunes religieux, ses compagnons de juvénat, qui eurent dans la suite le malheur de perdre leur vocation, lui donnaient souvent l'occasion de souffrir les mépris, et de voir ses plus belles pratiques de vertu tournées en dérision. Cependant la plupart le contemplaient avec bien d'autres yeux et le vénéraient comme un saint.
Quand le F. Pilo eut été nommé professeur d'une classe élémentaire, il médita longuement au pied de son crucifix sur le soin qu'il devait prendre de former également ses élèves à la science et à la vertu : « Chacun de mes écoliers, écrivait-il, sera un jour devant Jésus-Christ, ou mon avocat, ou mon juge ». Durant près de quatre années, il fut si fidèle et si vigilant à remplir auprès d'eux l'oflice des anges, que sur son lit de mort, il fut jugé digne, suivant la déclaration formelle d'un témoin oculaire, que l'Enfant Jésus, la Reine du ciel et saint Stanislas descendissent visiblement pour recevoir son dernier soupir, et porter son âme au trône de Dieu.
Patrignani, Menol., 14 maggio, p. 93. — Mazzolari, Comment, et Ellog., p. 142.
564 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
* Le quatorzième jour de mai de l'an 1S99, mourut au collège de Trapani le F. Démétrius Lopez, Goadjuteur temporel, dont toutes les pensées ne tendaient qu'à combattre l'offense de Dieu. Étant encore dans le monde, il ne pouvait voir sans une profonde douleur tant de crimes qui se commettent contre la divine Majesté. Obligé de vivre du travail de ses mains, il retranchait tous les jours quelque chose à sa maigre subsistance et consacrait l'argent, fruit de ses tueurs et de ses privations, à retirer du désordre de malheureuses femmes que la misère y avait engagées. Le désir de travailler plus efficacement au salut des ilmes, lui fit solliciter la grâce d'entrer dans la Compagnie. Prières, jeûnes, veilles, macérations, il offrit tout à Dieu pour obtenir la conversion des pécheurs, heureux comme saint Ignace, si au prix de tous ses efforts, il pouvait empêcher un seul péché. Le démon essaya plusieurs fois de se venger par les tentations les plus violentes ; le soldat de Jésus-Christ repoussa tous ses assauts et continua à lui infliger de cruelles défaites.
A cette vertu du zèle, le F. Lopez joignait un amour extraordinaire du travail ; toujours prêt à se dévouer, il supportait toutes les fatigues avec une allégresse qui rayonnait sur les traits de son visage, et que les plus violentes douleurs de sa dernière maladie et la mort même ne purent lui enlever. Il s'endormit dans la paix du Seigneur au jour et à l'heure qu'il avait annoncés d'avance. Il était âgé de cinquante-six ans.
Litler. anii. Societ.^ anno 1599, p. 37. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 393.