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chantant comme autrefois à pareille heure Louis de Gonzague : « Lœtatiis suiii in his quœ dicta sunt milii » ! puis il prononça d'un air de triomphe ses trois vœux de religion au moment de recevoir le saint Viatique, et il expira dans la plus douce paix.
Patrignani, Vila d'alcuni convittori... morti nel Seminario Romano.
* Le dix-neuvième jour de mai de l'an 1593, mourut dans la maison professe de Palerme le F. Antoine Scirotta, Coadjuteur temporel. Il avait joui d'une situation brillante ; mais à l'Age de quarante-et-un ans, il dit adieu à tous les avantages de la fortune et de la naissance pour embrasser l'humilité de la croix dans la Compagnie. Il aurait pu prétendre aux honneurs du sacerdoce ; il préféra servir Notre-Seigneur dans les offices domestiques. Sa grande vertu, sa prudence, son habitude des affaires lui firent confier tour à tour la charge de manuducteur ou sous-ministre pour les Frères Coadjuteurs à la maison professe de Palerme, et ensuite celle d'administrateur des biens temporels du collège de Monreale. Il les remplit l'une et l'autre avec une diligence admirable et un esprit de foi qui lui faisait voir dans les plus menus détails la sainte volonté de Dieu. A l'exemple de Notre Bicniieureux Père, le F". Scirotta avait pour le livre de l'Imitation une estime singulière ; à force de le lire, il le savait presque tout entier par cœur ; mais surtout, il en faisait passer les leçons dans ses paroles et dans ses actes. Toute sa conduite était comme une exprès-
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sion vivante de ce code de la perfection. Nul ne se montrait plus humble et plus alîable, plus uni à Dieu, plus prompt à tous les ordres de l'obéissance. Ce fidèle serviteur de Dieu mourut dans la soixante-sixième année de son âge et la vingt-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie.
Aguilkha, Histur. Provinc. Sicul., t. l, p. 323.
Le dix-neuvième jour de mai de l'an 1759 mourut à Naples, dans la maison professe, le P. François Pepe, homme apostolique, puissant en œuvres et en paroles, héritier de l'esprit et des vertus de saint François de Geronimo. Dès sa première enfance, sa vocation pour la chaire se dessina ; il n'avait pas encore dix ans, et déjà on le voyait parler aux enfants de son âge et aux habitants de la campagne avec la ferveur d'un apôtre. Dieu voulut même un jour se servir de lui pour toucher le cœur d'un pécheur obstine, qui avait résisté jusque là aux elîorts des plus zélés missionnaires. A quatorze ans, vainqueur des larmes et des caresses de sa famille, François Pepe alla frapper à la porte du noviciat, et s'enrôla sous l'étendard de saint Ignace.
Après les premières épreuves et de brillantes études de philosophie et de théologie, il paraissait désigné, au jugement de plusieurs, pour l'enseignement des hautes sciences ; mais il soupirait après les missions ; il demanda les plus humbles et les [)lus laborieuses. Pendant plusieurs années, il évangélisa les différentes provinces du royaume, et partout il recueillit les fruits les plus
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abondants. A la vue des merveilles opérées dans son diocèse, un évêque disait avec étonnement : « Je vois, et j'ai peine à en croire mes yeux, je vois mon peuple et mes prêtres changés, et grâce aux industries suggérées par cet homme de Dieu, fermes dans leurs résolutions » .
Le P. François fut alors appelé à Naples, et quelque temps après, charge de la leçon d'Ecriture Sainte dans notre église du Gesù Nuovo. Il remplit ce ministère dix années de suite, avec un succès toujours croissant. 11 y déployait une abondance d'érudition, une solidité de doctrine et une sûreté d'interprétation qui jetaient les plus habiles dans l'étonnement, et faisaient dire à plusieurs, et entre autres au célèbre P. Zaccaria qu'une telle science n'était pas un fruit de l'étude, mais un don surnaturel de Dieu L'admiration ne fut pas moindre quelques années plus tard. Cédant à une inspiration du Saint-Esprit, le P. Pepe s'était fait le propagateur de la dévotion à la très Sainte Trinité et à l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu ; il s'était imposé la loi de parler tous les samedis sur ce double m^^stère. Or, il trouvait dans le trésor de son cœur, sans l'épuiser jamais, des pensées si belles et si profondes, que ses auditeurs ravis ne pouvaient s'empêcher d'y reconnaître une intervention surnaturelle. Il devait souvent prendre la parole sans avoir eu le temps de se préparer ; au moment de monter en chaire, il se jetait à genoux, et avec une fdiale confiance, conjurait Marie de mettre sur ses lèvres ce qu'il devait dire de l'auguste Trinité et d'elle-même ; il se trouvait aussitôt inondé de tant et de si vives lumières, qu'il était obligé de s'écrier : « Assez, assez, ô ma Mère ».
Le zèle de cet homme apostolique embrassait toutes les œuvres :
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la confession, la prédication sur les places publiques, l'assistance <les moribonds et des criminels condamnés au dernier supplice, la visite des galères et des prisons, la préparation aux communions générales du mois et surtout à celles des fêtes de la Sainte Trinité et de rimmaculée-Gonception, où l'on vit parfois plus de quarante mille personnes s'approcher le même jour de la sainte table dans notre église du Gesù Nuovo. En même temps, pour diminuer, autant qu'il pouvait, l'offense de Dieu et les occasions de scandale, il ouvrait et entretenait par de larges aumônes une maison de refuge, où plus de cent jeunes filles pauvres trouvaient un abri pour leur honneur ; il obtenait du roi, dont il possédait toute la confiance, des ordres rigoureux pour réprimer la licence <lcs mauvais livres et des parures immodestes ; il faisait renouveler les édits de bannissement contre les Juifs et fermer les lieux de réunion des sectes maçonniques.
Puis, non content de promouvoir par ses paroles et ses écrits le culte de la Sainte Trinité et de l'Immaculée-Conception, il faisait ériger un magnifique monument où chacune des trois adorables Personnes et la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, étaient représentées par autant de statues de grandeur naturelle en argent massif; enfin, il 'faisait dresser sur la place, en avant de notre église, un superbe obélisque en marbre, surmonté de l'image de Marie ; œuvre grandiose, qui avec son ornementation, ne fut achevée qu'au bout de douze ans, et ne coûta pas moins de quatre-vingt mille ducats. L'homme de Dieu trouvait dans la libéralité spontanée des fidèles tous les secours dont il avait besoin pour faire face à tant de dépenses, sans qu'il eut jamais à tendre la main. Les grâces les plus extraordinaires ajou-
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taient leur éclat à ces merveilles du zèle et de la charité : extases, guérisons de maladies désespérées, présence simultanée en plusieurs lieux à la fois, pénétration des plus intimes secrets de la conscience, annonce prophétique des événements à venir. Ces faveurs et d'autres l'entouraient d'une auréole de sainteté. Aussi quand on apprit sa mort bienheureuse, arrivée, comme il l'avait désiré et prédit, un samedi, une foule immense se porta à l'église du Gesù Nuovo. Par précaution, les Pères avaient placé la précieuse dépouille dans une chapelle fermée par un solide grillage en fer. Trompé dans son attente, le peuple se jeta sur le confessionnal du saint homme, le poussa dans la rue et le mit en pièces pour en faire des reliques ; il allait faire subir le même sort à la chaire, si on ne s'était hâté de la soustraire à son pieux vandalisme. De nombreux miracles attestèrent la sainteté du défunt et son crédit auprès de Dieu. Le P. François Pepe était âgé de soixante-quinze ans ; il en avait passé soixante-et-un dans la Compagnie.
Vita ( ms. ) del P. Francisco Pepe délia Provincia di Napoli ( Archiv. Rom. ). — Del P. Francisco Pepe (^Archiv. Rom. ). — C.vra.yon, Les prisons du marquis de PombaL Paris, 1865, p. 34.