XXII MAI
Le vingt-deuxième jour de mai de l'an 1611, mourut au collège de Malte, à I âge de soixante-dix ans, le F. François Abate, Coadjuteur temporel, d'une humble et pauvre famille des Galabres, mais appelé par Notre-Seigneur à une si haute sainteté, que le P. Jules Fazio avait coutume de dire : « Si la Province de Sicile possède en ce moment deux saints, c'est assurément au P. Paul Achille et au F. François Abate qu'elle est redevable de ce bonheur ». Dès qu'il eut rencontré, à Tage de vingt-sept ans, nos premiers Pères, il lui sembla voir en eux des anges du ciel : « Je n'ai pas In prétention, dit-il en s'ofîrant au P. Jérôme Domenech, d'aspirer au sort des Frères que vous jugez dignes de vivre pour toujours avec vous. Mais ne pourrais-je, du moins, être reçu comme le dernier de vos serviteurs, à la condition expresse d'être renvoyé, quand pour mon âge ou pour mes infirmités, je ne semblerai plus bon à rien » ! Ces bas sentiments de lui-même ne s'affaiblirent jamais dans le cœur du F. Abate, durant les quarante-quatre ans qu'il vécut encore. Aussi prétendait-il que tout objet mis au rebut, toute corvée humiliante ou pénible devaient lui revenir de droit. Si l'on sonnait au milieu de la nuit, pour appeler quelqu'un de nos Pères au lit d'un mourant, il courait en toute hâte