‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 264 sur 331 · XXVI MAI. — F. FRANÇOIS SINDONO · texte numérisé non relu

XXVI MAI. — F. FRANÇOIS SINDONO

Cependant il s'afïlig-eait presque à l'excès de ses moindres imperfections ; il profita du dernier voyage de Louis de Gonzague à Castiglione, pour lui faire part de ses angoisses. Mais l'angélique jeune homme se contenta de lui citer ces belles paroles du Roi Prophète. « Imperfectuni meum viderunt oculi lui ; et in Ubro tuo omnes scribentur », et de lui expliquer tous les fruits qu'une âme de bonne volonté peut recueillir des imperfections qui l'affligent et l'humilient. Cette douce et sage interprétation remplit le P. Alamanni d'une sainte joie, et lui fut dans la suite d'un grand secours pour faire d'insignes progrès dans les voies de Dieu. De très vives douleurs éprouvèrent les dernières années de sa vie ; elles causaient une profonde compassion à tous ceux qui en étaient les témoins ; mais quand on lui demandait comment il se trouvait d'un si triste état : « A merveille, répondait-il ; car Notre-Seigneur ne me donne là, je vous assure, que ce que je lui ai mille fois très instamment demandé ».

Patrign.\ni, Menol.^ 1 agost. — Drews, Fasti Soc. Jes., 24» jul. , p. 283. — SoTUELLus, Biblioth., p. 161. — Cepari, Vie de S. Louis de Gonz., l. 2, c. 22. — N.vdasi, Pretios. Occupât., c. 14, n. 5. — Som- MKRvoGEL, Bibliothèque, t. 1,/?. 113.

* Le vingt-quatrième jour de mai de l'an 1626, au collège de Palerme, mourut le F. François Sindono, Scolastique, modèle d'innocence et de piété. Avant même le premier éveil de sa raison, il paraissait, comme on le raconte de plusieurs saints, obéir aux impulsions de la grâce, et on le voyait déjà prier et se mortifier. Un A. I. — T. i. — 76.

délicieux parfum de pureté s'exhalait de son âme et de toute sa personne; plus tard, lorsqu'il fréquenta les classes de notre collège de Messine, ses condisciples les moins réservés eux-mêmes, comme autrefois ceux de saint Bernardin de Sienne, ne pouvaient s'empêcher d'en ressentir la douce et irrésistible influence. Aussi les portes de la Compagnie s'ouvrirent sans effort pour le recevoir. Son Maître des novices, le P. Pierre Villafrate, ne savait comment admirer assez les merveilles de grâces opérées dans ce jeune homme. Toutes les vertus s'épanouissaient comme d'elles-mêmes dans son cœur, l'amour de Dieu et de la très sainte Vierge, la modestie, le recueillement, l'humilité. Au juvénat et pendant son cours de philosophie, la ferveur du F. Sindono ne fit que grandir. Toutes ses aspirations étaient pour le ciel ; il parlait sans cesse de Dieu ou de Marie, et rapportait tout à Dieu. Témoin de ces élans, le P. Gastelnuovo. Recteur du collège, ne put s'empêcher de croire que le saint jeune homme avait reçu quelque annonce de son prochain départ pour le ciel. Et en effet, bientôt atteint d'une fièvre légère, où les médecins ne voyaient aucun symptôme inquiétant, le F. Sindono déclara sans hésiter qu'il ne s'en relèverait jamais ; peu de jours après, le visage rayonnant d'une joie céleste, le nom de Marie, sur les lèvres, il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de vingt-trois ans, dont il avait passé six dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 208.

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