‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 265 sur 331 · XXV MAI · texte numérisé non relu

XXV MAI

Le vingt-cinquième jour de mai, fête du glorieux pape saint Grégoire VII, dont il avait vaillamment défendu la mémoire, mourut exilé à Paris, en 1813, le P. Alphonse Muzzarelli, théologien du Souverain Pontife, et l'une des plus nobles victimes de la persécution qui retenait Pie VII à Fontainebleau. Il avait vu, à l'âge de vingt-quatre ans, la Compagnie succomber sous l'effort de ses ennemis. Contraint de quitter l'habit religieux, il ne renonça jamais, ni à l'esprit, ni à la fidèle observation de ses règles, ni aux œuvres d'apostolat, ni aux saintes industries du zèle pour le salut des âmes, propres à sa première vocation. De retour à Ferrare, sa patrie, il y réunit dans une fervente congrégation, l'élite de la jeunesse sous la protection de la très sainte Vierge, et devint en peu de temps le centre et le moteur de toutes les bonnes œuvres de la cité. Il porta le même zèle à Rome, où il fit refleurir parmi les fidèles les Exercices de saint Ignace, l'éducation de la jeunesse et les pieuses pratiques du Caravità.

L'Eglise, alors attaquée de toute part, et le Saint-Siège en particulier, ne tardèrent pas à le compter au nombre de leurs plus habiles et plus intrépides défenseurs, contre les philosophes, les

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jansénistes et les révolutionnaires, sans que jamais aucun péril le fît reculer. Enlevé de Rome en 1809 et traîné à Cività-Vecchia, pour avoir soutenu les droits de Pie VII, il fut jeté dans un étroit et humide souterrain, où la vermine le tourmentait jour et nuit. II s'attendait même d'heure en heure à être fusillé. Mais bientôt, au fort de l'hiver, et sans pitié pour son âge, on le déporta en France, d'abord à Reims, puis à Paris, où le généreux confesseur ne cessa de travailler à la défense de la foi et du Vicaire de Jésus-Christ. Entre tous les services que Muzzarelli, durant sa longue carrière, ne cessa de rendre au monde chrétien, on ne saurait oublier, au témoignage du P. Caballero, que nul autre peut-être de ses contemporains ne popularisa parmi les fidèles, avec autant de zèle que de bonheur, la double dévotion du Sacré Cœur de Jésus et du mois consacré à la très sainte Vierge. Aussi dès l'année de sa mort, et au moment où il expirait, la capitale du monde chrétien, dit le même témoin oculaire, avait déjà vu introduire dans plus de vingt églises , en dépit des persécutions, la salutaire pratique du mois de Marie.

Caballero, Bihliolh. supplem. 1""", p. 202. — de Backer, Biblioth., i" édit., t. 3, p. 514. — FiNETTi, Oraison funèbre. .. Cf. Carayon, Bibliographie historiq., n. 2.322, p. 315. — Muzzarelli, Notice en tête des opuscules, Bruxelles, 1837. — Feller, Dictionn. historiq., t. 4, p. 551.

* Le vingt-cinquième jour de mai rappelle la mémoire du P. François Franceschino, mort à Sezze, en 1617. Les cinquantecinq années de sa vie religieuse, au témoignage du P. Nada-

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