‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 272 sur 331 · XXVII MAI. — P. LOUIS FEDELE · texte numérisé non relu

XXVII MAI. — P. LOUIS FEDELE

du roi Théodoric, y mourut de misère et de faim, pour la défense de la religion catholique ».

Patrignani, Menol., 27 magg., p. 192. — Lettres édifiant., édit. 1781, t. 16, p. 414 et suiv.

Le vingt-septième jour de mai de l'an 1608, mourut à Lecce, sa patrie, le P. Louis Fedele, insigne bienfaiteur du collège de cette ville. Il était resté dans le monde jusqu'à l'âge de plus de cinquante ans, et sous la direction du Vén. P. Bernardin Realino, il avait fait d'admirables progrès dans la vertu ; ses délices étaient de secourir les pauvres et de prier dans les églises ; il y passait de si longues heures qu'il semblait y avoir établi sa demeure. Entré au noviciat de Naples, que dirigeait le P. Orlandini, il se plia comme les plus jeunes à tous les assujettissements de la règle, et embrassa du même cœur les plus difficiles pratiques de pénitence et d'humilité. Ordonné prêtre et revenu à Lecce, il se consacra tout entier au ministère de la confession. Sa grande vertu, le souvenir de ce qu'il avait laissé dans le monde, l'onction pénétrante de sa parole, lui donnaient une puissance étonnante sur les âmes ; bien peu de pécheurs, même parmi les plus endurcis, refusaient de se rendre aux efforts de son zèle. Le P. Fedele mourut à l'âge d'environ soixante-dix ans ; il en avait passé treize dans la Compagnie.

Santagata, Istor. délia Provinc. di Napol. , t. 3, p. 292.

* Le vingt-septième jour de mai de l'an 1793, mourut à Polotsk le saint et aimable P. Louis Angiolini, le plus jeune des cinq frères de ce nom qui se sont donnés à Dieu dans la Compagnie. Après une enfance embaumée par les plus suaves parfums de la piété et de l'innocence, il avait formé le dessein de suivre ses aînés sous l'étendard de saint Ignace. La Compagnie était alors supprimée dans la plus grande partie des états catholiques, et on pouvait prévoir le temps où elle s'abîmerait dans une ruine générale sous les coups de ses ennemis. Sur le conseil d'une personne prudente, Louis Angiolini changea donc de résolution, et sollicita son entrée dans l'Ordre des Franciscains réformés ; il y fut admis. Toutefois avant d'en revêtir l'habit, il voulut prendre congé de ses frères dispersés dans différentes villes d'Italie, d'où l'Institut de saint Ignace n'avait pas encore été proscrit. Leur vue ranima ses anciens désirs ; renonçant donc au projet de se faire Franciscain, il reçut les ordres sacrés et mena dans le monde la vie d'un religieux, en attendant que la Providence lui ménageât le moyen de suivre son attrait.

Quelques années après le Bref de Clément XIV, ses deux frères aînés allèrent se réunir aux Jésuites de la Russie-Blanche. Le troisième se préparait à les rejoindre. Louis résolut de l'accompagner. Il écrivit au Vicaire-Général, le P. Czerniewicz, et lui demanda la grâce de vivre et de mourir sous la même règle. Sa lettre était si touchante et si belle, que le Père Vicaire en fut ravi d'admiration, et la fit lire publiquement aux novices pour les animer à la persévérance et les enflammer de l'amour de leur sainte vocation. En franchissant le seuil du novi-

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