‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 314 sur 331 · XXIII JUIN · texte numérisé non relu

XXIII JUIN

Lo vingl-troisième jour de juin de l'an 1716, mourut au collège do Viterbe le P. Ignack Marïinelli, le plus actif promoteur des écoles pour l'instruction chrétienne des jeunes filles, écoles regardées par le Souverain Pontife Clément XI comme une des œuvres les plus utiles au bien des Ames et à la gloire de Dieu. Peu s'en fallut cependant que le P. Martinelli, dont les cinquantedeux années de vie religieuse devaient être si remplies, ne fût renvo^'é du noviciat, malgré sa ferveur, comme incapable de rendre jamais aucun service ; car plusieurs mois avant ses premiers vœux, il fut subitement atteint d'une douloureuse sciatique ; les nerfs d'une de ses jambes se contractèrent, et le chirurgien malhabile imagina de les faire tirer si violemment, que les os de la jambe se déboîtèrent, laissant le pauvre malade irrémédiablement estropié. Ce long et cruel martyre lui était cependant bien moins sensible que le danger où il était de perdre sa vocation. Il recourut h la protection de la Reine du ciel ; et contre toute espérance, le P. Général .lean-Paul Oliva lui accorda la grâce de rester dans la Compagnie.

Peu d'hommes se sont dépensés avec plus de dévouement et plus de fruit dans presque tous les ministères do notre vocation. A. I. — T. I. — 90. 713

714 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

La douleur ne lui fut jamais uu obstacle, non seulement pour remplir son office, mais pour se charger encore des oflices de ses inférieurs ou de ses frères, quand il les voyait empêchés. Un jeune professeur de grammaire, qui avait malheureusement perdu l'esprit de sa vocation et fut plus tard rendu à sa liberté, abusa bien souvent de la patience et du dévouement de ce saint homme, en feignant d'être malade à l'heure de la classe; le P. Marlinelli, Recteur du collège, descendait alors à sa place et se chargeait de ses écoliers, sans aucun signe de mécontentement.

Mais le plus beau monument de son zèle est assurément l'organisation des petites écoles de Viterbe, dont la première directrice fut une de ses pénitentes, enflammée par lui dun ardent désir de se dévouer au service de Dieu. Lui-même se rappelait, avec une profonde reconnaissance envers Dieu, l'irréconciliable haine du péché qu'avaient imprimée dans son Ame, dès ses premières années d'études, les catéchismes de ses jeunes professeurs et leurs exhortations sur les fins dernières. Il n'épargna rien pour procurer à la jeunesse le même bonheur, et la pénétrer des mômes sentiments. Aussi dans ces fruits d'innocence et de piété que plusieurs milliers de jeunes filles durent en peu de temps aux soins de Rose Vencrini et de ses compagnes, surnommées partout où elles se répandaient les saintes maîtresses, on peut affirmer sans crainte, qu'une immense part revient de droit aux conseils et aux salutaires industries de l'homme de Dieu.

Patiugnani, Menol., 2.'{ gittgno, p. 17."). — M.vz/oi.vni, Comment, et Elfg., p. 148.

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