XXII JUIN. — P. FRANÇOIS PRANDINI
du jeune malade, voici le beau témoignage que lui rendait après la mort le P. Sardo, son directeur : « Durant ces treize derniers mois que j'ai confessé le F. Martini, je ne me rappelle pas avoir trouvé, dans les aveux de sa vie présente, la moindre faute qui fût matière suffisante d'absolution ». Les démons tentèrent à sa dernière heure de lui inspirer !quelque mouvement de vaine gloire ; mais pressant vivement son crucifix sur sa poitrine, il commença un très doux colloque avec Notre-Seigneur, en protestant h haute voix que son unique espérance était, non pas dans ses mérites, mais dans le sang divin répandu pour lui sur la croix.
S.vccHiNus, Hislor. Soc. Jes., part. 4' , /. 6, nn. 17 seqq., p. 175. — Patrignani, Menol. , 22 gùigno, p. 169. — Nadasi, Ann. dier. mcmor., 23 /un., p. 328. — DuEws, Fasti Soc, 23» j'im., p. 238.
* L'an 1660, on ignore quel mois et quel jour, mourut au collège de Ferrare, dont il était Vice-Recteur, le P. François Pran- DiNi, considéré de son vivant et après sa mort comme un religieux d'une sainteté éminente. 11 était né dans la plus humble condition ; il aimait à s'en souvenir et il s'en prévalait pour se traiter lui-même avec une rigueur impitoyable ; il couchait sur la dure, se refusait toute délicatesse, ne quittait ni jour ni nuit un horrible cilicc, et ne voulait d'autres vêtements que ceux dont {)ersonne ne pouvait plus se servir. Son ambition eût été de vi-
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vre ignoré et méprisé de tous dans l'emploi le plus obscur. Mais ses grandes qualités naturelles relevées par les dons de la grâce les plus éminenls, lui firent confier les charges d'Instructeur des Pères du troisième an et de Maître des novices. Ceux qui recueillirent alors ses enseignements parlent avec admiration de sa prudence, des lumières extraordinaires que Dieu lui donnait pour pénétrer quelquefois jusqu'au fond des cœurs, de ses oraisons prolongées pendant lesquelles il parut plus d'une fois comme ravi en extase. La maxime préférée du P. Prandini était celle de saint François de Sales : « Ne rien demander, ne rien désirer, ne rien refuser ». Il y demeura toujours fidèle. Dans sa dernière maladie, il éprouvait pour tout aliment et toute boisson un dégoût insurmontable ; il semblait ne pas pouvoir se faire violence sans en mourir. « Mon Père, lui dit alors le Père Ministre du collège, souvenez-vous que vous nous recommandiez l'obéissance, quand vous étiez notre Maître des novices ; il faut maintenant obéir au médecin et à l'infirmier ». A ce mot d'obéissance, le saint malade fit taire toutes les répugnances ; il absorba d'un trait la potion qu'on lui présentait, et peu après, il expira doucement. Son confesseur attesta par serment qu'il n'avait jamais perdu l'innocence baptismale.
Patrignani, MenoL, 2'2 giugno, p. 171. — Cassani, Varpnes ilustres, t. 3, p. 262.